La constitution d’un Parc national répond à deux nécessités. Il faut d’abord disposer d’un territoire qui possède un patrimoine (faune, flore, sol, paysage, culture…) et qui présente un intérêt particulier et spécial. Il faut ensuite que ce patrimoine soit en danger, que des menaces pèsent sur son avenir au point que des mesures de protection soient indispensables.
Les paysages des massifs des calanques et des îles sont uniques au monde, la biodiversité y est particulièrement riche, mais la sur-fréquentation, aussi bien sur terre que sur mer, inflige des dégâts parfois irréversibles au milieu naturel. On peut citer le piétinement des plantes ou les ancrages de bateau qui détruisent les herbiers de posidonie.
Depuis la loi d’avril 2006, une nouvelle génération de Parcs nationaux a vu le jour. Le Parc de Guyane et celui de la Réunion sont de ce type. Deux grandes zones sont désormais définies à l’intérieur du périmètre d’un Parc national. Le "cœur de Parc" (un ou plusieurs lieux) délimite des espaces considérés comme exceptionnels qu’il faut protéger à tout prix. Le Parc peut y mettre en place une réglementation particulière. L’ "aire d’adhésion" est une zone périphérique au "cœur" de laquelle sont menées des actions spécifiques axées sur les principes du développement durable.
Le futur Parc national des calanques sera le premier parc terrestre, maritime et péri-urbain en Europe. Ses limites seront définitivement fixées par le décret de création maisle GIP a d’ores et déjà proposé un périmètre maximal, sur terre comme sur mer, avec deux cœurs et des aires d’adhésion. C’est la structure du Parc national (doté d’un conseil d’administration, d’un conseil scientifique et d’un conseil économique) qui devra édicter les règles à suivre pour assurer la protection de la zone, sachant que la grille unique de référence sera la préservation du patrimoine. Ainsi, le cœur de Parc pourra continuer à être le lieu et le support de certaines activités économiques ou touristiques, si la structure de gouvernance estime que ces activités sont nécessaires au maintien d’un équilibre.
D’ores et déjà, il est clair que la création de ce Parc national ne supprimera pas la possibilité de se promener, de chasser, de grimper, de faire de la plongée, ni de pêcher. Les cabanons, et la vie au cabanon, perdureront et il n’est pas question de les supprimer.
La proposition actuelle du GIP sur le périmètre concerne un "cœur" terrestre constitué obligatoirement par le massif des calanques proprement dit, l’archipel de Riou, le cap Canaille et l’archipel du Frioul. Ces zones pourraient être élargies jusqu’à un "périmètre optimal" composé du territoire de 13 communes : Aubagne, Carnoux, Cassis, Ceyreste, La Ciotat, Cuges, Marseille, La Penne-sur-Huveaune, Roquefort- la-Bédoule, Bandol, Saint-Cyr, la Cadière et le Castellet. Ce périmètre pourra être réduit par le décret mais pas augmenté.
L’adhésion d’une commune n’existera officiellement qu’après la décision du conseil municipal d’adhérer à la Charte du Parc national.
http://www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/Portal.jsp?page_id=839