Incident avec un batelier imprudent au torpilleur

Publié le vendredi 19 août 2011 à 17H53 La Provence

Les gendarmes ont vérifié hier que les navettes maritimes n’étaient pas en surcharge de passagers. RAS

Contrairement à une rumeur persistante, les professionnels de la mer ne sont pas au-dessus des lois ni à l’abri des contrôles. C’est en substance le message que l’adjudant-chef Laurent Houssais a tenu à faire passer à tous les usagers de la rade de Marseille, en ciblant, hier, les navires de la compagnie Frioul If Express (Groupe Véolia). Le commandant de la brigade de surveillance de Marseille avait d’ailleurs engagé plus de la moitié de son effectif dans cette opération, avec un équipage en observation à bord d’un pneumatique semi-rigide, positionné dans l’anse du Pharo, et une seconde équipe venue par la terre.
Leur mission : repérer les navettes revenant bondées de l’archipel du Frioul aux heures de grande affluence touristique puis effectuer un comptage très précis de leurs passagers débarqués au quai de la Fraternité, cela afin de vérifier que les bateaux ne sont pas en surcharge.

Avec respectivement 196 et 194 personnes à leur bord pour 4 membres d’équipage, les deux navires contrôlés hier soir entre 18h30 et 19h, étaient parfaitement en règle (Ndlr: le nombre maximal de passagers autorisé sur ce type de bateau est de 196 personnes). Ce qui n’a apparemment pas surpris David Cardamone, second d’armement de la compagnie.

« Je suis tout à fait favorable à ces contrôles. Il devrait même y en avoir davantage. Cela permettrait aux gens de constater qu’il y a au moins une compagnie à Marseille qui ne badine pas avec la sécurité de ses clients. » Et d’ajouter : « Nous comptons même les bébés dans l’effectif total de nos bateaux, alors que la réglementation maritime ne nous y oblige pas. »

Une opération de contrôle du nombre de passagers mais également des pièces administratives ; les gendarmes exigeant que leur soient présentés le rapport de la visite annuelle de sécurité du bateau délivré par le Centre régional de sécurité (Affaires maritimes), le document prouvant la capacité du commandant à conduire son navire (brevet de « Capitaine 200 », au minimum), le rôle d’équipage et le permis de navigation. « Quand je commandais la brigade de Toulon, j’organisais tous les ans une opération de contrôle des navires à passagers, souligne Laurent Houssais. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement à Marseille. D’autant que deux incidents récents (1) ont montré que la vigilance devait rester de mise ». À en juger par le nombre impressionnant de bateaux réunis dans la rade Nord et les passes d’entrées portuaires, hier en début de soirée, le risque d’abordage (collision entre deux navires) apparaît en effet très élevé.

Créée en août 2010 et composée de 8 sous-officiers et 2 gendarmes adjoints volontaires féminins, la brigade a d’ailleurs programmé d’autres contrôles d’ici la fin de l’été, en particulier des bateaux qui proposent des visites des calanques.

(1) Le 11 juillet, une navette heurtait le rocher « du Torpilleur », dans la calanque de Sugiton, et le 7 août, une autre « talonnait » près de Port Vendres, blessant 12 personnes.
Philippe GALLINI

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