Récifs artificiels à Marseille: la biodiversité en hausse de 30%

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MARSEILLE – L’immersion de près de 30.000 m3 de récifs artificiels au cours de l’été 2008 dans la rade de Marseille a donné lieu, trois ans plus tard, à une hausse de 30% de la biodiversité, a annoncé jeudi Emilia Medioni, ingénieur en charge du suivi du projet.

La présence de ces quelque 200 hectares d’habitat artificiel pour la faune et la flore, situés entre les îles du Frioul et la baie du Prado, constitue le plus grand récif artificiel constitué d’Europe, a précisé Didier Réault, conseiller municipal (UMP) délégué au nautisme, aux plages et au parc national des Calanques, lors d’une conférence de presse.

Grâce à cet aménagement marin immergé à 30 mètres de profondeur, la quinzaine d’espèces commerciales les plus importantes et les plus prisées des pêcheurs, parmi lesquelles les mostelles, les congres, les sars, les daurades, ont fait leur retour dans la rade, a ajouté Mme Medioni, du service mer et littoral de la ville de Marseille.

Selon M. Réault, on est dans un peuplement similaire à de l’habitat littoral marin, qui a été beaucoup plus rapide que ce qu’espéraient les scientifiques et les pêcheurs professionnels ou amateurs.

On constate le retour du mérou, lentement, mais c’est un très bon signe, s’est-il félicité, ne pensant pas voir autant d’espèces, en si grand nombre et si rapidement.

Pour expliquer cette rapide acclimatation, M. Réault a mis en avant un système de protection respecté et la situation de la zone sur une branche du courant ligure qui amène beaucoup d’espèces.

L’élu a écarté l’éventualité d’un accès des pêcheurs à la zone. A l’origine du projet, deux zones de même taille étaient prévues: l’une sanctuaire, où toutes les activités étaient proscrites à l’exception de la navigation de surface, et une seconde, où les activités étaient interdites jusqu’au 31 décembre 2012 avant de devenir une zone de pêche réglementée.

L’expérience marseillaise s’inspire du modèle japonais, qui compte 20 millions de m3 de récifs artificiels. Différence notable, ils sont installés dans une logique de production et financés par les coopératives de pêche.

L’opération, d’un coût total de 8 millions d’euros (dont 2 millions pour le suivi), est financée par le fonds européen pour la pêche (40%), l’agence nationale de l’eau (30%), la ville de Marseille (20%) et la région (10%).

(©AFP / 16 février 2012 19h39)



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