Une vision critique du Parc National des Calanques


Photo de Philippe Richaud

Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, « ne partage pas » plusieurs propositions de la commission d’enquête publique qui a rendu le 29 décembre un avis favorable assorti de quatre réserves sur le projet de création du parc national des Calanques.

Pour lire l’ensemble de l’article :
http://www.leparisien.fr/marseille-13000/calanques-gaudin-defavorable-aux-propositions-de-la-commission-d-enquete-publique-02-01-2012-1793411.php

Qu’est ce qu’il faut en déduire ?

– Que les élus n’écoutent pas la majorité mais plutôt ceux qui tiennent les rênes de l’économie locale, ou national.
– Que les élus n’ont Dieux que l’argent, le pouvoir et leurs réélections.
– Que l’annonce de l’année de la biodiversité pour 2010 par le gouvernement n’a été, une fois de plus, que de la poudre aux yeux.
– Que les engagements concernant le développement durable n’ont d’écologiques que leurs écrits.

Initialement prévue sur plus de 13200 ha avec une vingtaine de communes concertées (quand on compte les aires d’adhésions) on se retrouve aujourd’hui avec un cœur de Parc de 8300 ha et 7 communes…

Le projet, comme tout Parcs nationaux, devait avant tout préserver la faune et la flore, bref, la nature fortement fragilisée par la proximité d’une agglomération d’un million d’habitants.
Hors, on lit dans les journaux depuis début janvier que « le but premier de ce parc sera de préserver les usages et les coutumes qui en ont fait sa particularité ». (source : http://www.veilleinfotourisme.fr/1327413680344/0/fiche___article/&RH=PRO_NAT)

Ce qui voudrait dire que les usages des uns (pêches, chasse, bateliers, plaisance) passeraient avant la protection de l’environnement…C’est ainsi que le lâcher de tirs sera encore maintenue 3 ans (renouvelable une fois), que les ZNP ne font que 10,5 % du cœur marin (contre 11% qui était demandé par le CNPN) et que les bateliers pourront s’approcher à moins de 400m du fond des calanques, que les bateaux d’une tonne pourront mouiller à moins de 30 mètres de profondeur (contrairement à ce qui était marqué dans la version 2).

Quant aux zones qui ne seront pas en cœur, quand celles-ci sont des sites classés, inscrits ou en Natura 2000, c’est inacceptable. Mais on passe pour des écologistes extrémistes, des babas cool en mal d’autorités, alors que ce n’est que du bon sens pour une protection de la nature plus efficace.

Bref, certaines associations de protection de la nature qui ont porté ce projet pense que ce dossier a accouché d’une souris. La pilule est dure à avaler.

Le plus amer dans l’histoire est d’entendre les opposants dirent que le Parc National des Calanques est une coquille vide vu qu’il n’apporte pas assez de protection à la biodiversité comme l’a remarqué la FNE. Mais la faute à qui ? A ceux qui ont œuvré depuis 12 ans pour que ce Parc voit le jour ou à ceux qui ont mis des bâtons dans les roues du GIP pour tirer la couverture vers eux afin de préserver leurs usages lucratifs ?

Dans l’histoire, les politiques ne sont pas tous blancs, ce Parc sous couvert d’enjeux électoraux a essayé de jongler avec les consensus des uns et des autres mais surtout avec ceux qui ont la manne financière et les relations qui faut….

A quoi ça sert qu’on mette en place une enquête publique NATIONALE qui a regroupé 4000 avis (sans compter les 4000 pétitions) si ce n’est pas pour qu’on soit écouté ?
Après on nous dit de voter pour participer à la vie politique et sociale ?

Que demandait la majorité des associations de défense de l’environnement ?
– L’intégration en cœur terrestre et marin de l’archipel du Frioul et de Port Miou
– L’intégration en cœur terrestre de Fontblanche, de la ferme du Mussuguet, du quartier de Ste Croix à la Ciotat, de la calanque du petit et du grand Mugel et du village des Goudes (demandé par 83 % des habitants de ce village quand même !!!)
– L’intégration en aire d’adhésion de la campagne Pastré et de Montredon
– La mise à disposition de deux sièges au conseil d’administration de l’EPPN pour des représentants de défense de l’environnement

Qu’avons nous obtenu ?
– Un seul siège au conseil d’administration pour les associations de défense de l’environnement
– La ré-intégration de l’archipel du Frioul (pour les zones non construites) en cœur terrestre
et c’est tout, merci d’avoir participé, au revoir ! :furious:

Je crois en la sincérité des membres du GIP mais je devine aussi les pressions qu’ils subissent de la part des politiques locaux, rien ne sert de leur jeter la pierre comme on le lit sur les forums (notamment les lecteurs du site de La Provence qui semble être un rassemblement d’imbéciles incultes).
Il faut plutôt s’en prendre à nos maires :
– Celui de Marseille qui ne voit dans le Parc qu’une somme de contraintes qui va l’empêcher d’étendre la ville dans la colline (cf l’histoire du Mont Rose).
– Celle de Cassis qui manie le chantage aux mensonges (« tout cassis est dans le Parc »)
– Celui de Ceyrestre qui cache dans un placard fermé à clef le cahier de l’enquête publique pour empêcher que les gens signent
– Une représentante de la Ciotat qui se dit écolo (comité écologique de sauvegarde de la ciotat) mais qui est promoteur immobilier chez Bouygues
– Et je ne parle même pas du ministère de l’écologie qui ne se prononce toujours pas sur le projet de raffinage à 30kms des côtes Marseillaises mettant en danger la richesse marine et donc, du Parc national.

Ce sont eux les vrais responsables de ce fiasco écologiques, faut pas vous tromper.

Que risque t’on avec ce Parc ?

– Il est clair que la protection de l’environnement sera mise à dure épreuve sur un périmètre moins étendue que prévue ou il risque d’y avoir de plus en plus de monde. C’est le risque majeur, la gestion des touristes.
– Le second risque(et on aura encore besoin des associations de protection de la nature) sont l’ensemble des projets immobiliers en périphérie du Parc. Ils vont accroître la pression touristique sur les collines, diminuer la quiétude du lieu et augmenter les risques d’incendies.
– Le maintien des zones classées en tant que telles pour celles qui ne sont pas en cœur du Parc. Et le classement des sites inscrits pour l’avenir.
– L’extension à moyen terme des zone de non prélèvement.

Ceci aurait pu être évité avec un Parc ambitieux mais l’ambition n’est pas le point fort des politiques quand ça n’a pas un intérêt à court terme financièrement 😡 :worried:

Ceci dit, j’ai la naïveté de croire encore qu’il vaut mieux un petit Parc que pas de Parc du tout, qu’il vaut mieux préserver un peu que rien. Les Calanques auront au moins la reconnaissance qu’elles méritent. Nous avons un joyau patrimonial, le laissez sans protection juridique n’aurait pas été raisonnable.

Cette publication a un commentaire

  1. anonymous

    Anonyme writes: De Christian G., usager ancien et expérimenté de la partie terrestre et de la partie marine, et partisan résolu du Parc National depuis le scandale de la révision du POS en 1992 : oui, comme le dit la conclusion de cet article, malgré les déceptions il faut se dire que mieux vaut un Parc pas assez satisfaisant, que pas de Parc du tout.

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