Le parc des Calanques pour avril 2012. Le plus dur restera à faire…

Après 12 ans de travail, le groupement d’intérêt public des Calanques (GIP) commence à voir le bout du tunnel. Le Parc national des Calanques, premier parc périurbain d’Europe, devrait voir le jour « avant une autre échéance, celle du premier tour des élections présidentielles pour que son existence ne soit pas soumise à des logiques électorales », indiquait ce matin Guy Teissier, président du GIP et député-maire des 9è et 10è arrondissements de Marseille, lors d’une conférence de presse commune avec la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP) et l’Université de la Méditerranée. Une enquête publique sera lancée le 12 octobre. …

Le vote sur la dernière version de la charte attendu en janvier prochain

En juin dernier une troisième version de la charte – document qui synthétise le projet et qui servira de guide à l’établissement public en charge de la gestion du futur Parc- était entériné par le GIP. Les modifications concernaient principalement le périmètre, entre zone coeur de Parc et zone d’adhésion. La partie très discutée « rade sud », qui englobe le Frioul a définitivement été classée en zone d’adhésion alors qu’une bande marine de 825 hectares qui s’étend du port de la Madrague de Montredon jusqu’au nord-ouest de l’îlot du Planier a été réintroduite e coeur de parc. Désormais, les collectivités territoriales affiliées au projet (Ville de Marseille, Conseil général et régional, communauté urbaine MPM, Ville de La Ciotat et de Cassis…) s’apprêtent dans le mois à venir à donner leur avis sur cette troisième charte. Une enquête publique sera lancée en parallèle en vue du vote d’une quatrième et dernière charte en janvier 2012.

« Cette dernière phase de concertation ne va pas révolutionner le projet mais nous tiendrons évidemment compte des différentes recommandations qui seront faites au GIP », remarque Lionel Royer-Perrault, conseiller communautaire (MPM) délégué à la concertation du futur Parc. A noter que des avis négatifs éventuellement rendus par les différentes collectivités locales concernées n’entraverait pas la création du Parc dans les délais attendus. « La durée de vie du GIP a été prolongée de trois mois, jusqu’à la fin du mois de mars pour pouvoir voter la dernière version de la charte, précise Lionel Royer-Perrault. Mais il n’a pas besoin d’exister en tant que tel pour que le Premier ministre donne véritablement vie au projet par décret, en avril prochain. L’établissement public du Parc prendra ensuite le relais. »

La première marche d’une longue série bientôt gravie

Mais comme le souligne Marie Bouchez, représentante du Conseil régional au GIP « le plus dur reste à faire. La pollution, la gestion des réserves halieutiques, la promotion du développement durable sont autant d’enjeux qui vont constituer le vrai défi à relever pour les gestionnaires du Parc ». La question des modes de transports pour pénétrer dans ce futur espace protégé en fait partie. Plusieurs parkings relais seront installés, en zone d’adhésion – comme aux Baumettes en amont de la Calanque de Morgiou – afin de rallier le coeur de parc à pied. Mais face à la fréquentation qui risque d’exploser, dans une ville où la voiture reste la norme, le développement des transports en commun, des itinéraires cyclables et piétons d’accès demeure un point crucial dans une logique de développement durable.

L’installation d’un bus à haut niveau de service (BHNS) est prévu pour pallier l’enclavement de la cité universitaire de Luminy, l’une des portes de ce futur Parc classée en zone d’adhésion. Mais pas avant 2015… et encore pour le tronçon Mazargues-Luminy. Le centre-ville ne pouvant être raccordé avant 2020. « Je pense que ce Parc peut être un accélérateur de développement durable, estime Lionel Royer-Perrault. Tout ne va pas basculer du jour au lendemain, le rôle du GIP a aussi été de prévoir, de faire des recommandations aux élus locaux pour le futur pour influencer les SCOT et PLU sur lesquels travaillent actuellement la communauté urbaine ».

C’est le cas par exemple sur l’aménagement de la Pointe rouge : la charte, dans son plan de stationnement et de circulation, y recommande la mise en place d’un parking et d’un service de navettes pour rejoindre les Goudes. Mais comment ne pas être pessimiste sur ce genre recommandations au vu de l’état des finances publiques locales et du nombre d’ajustements déjà nécessaires dans le domaine du transport public ? Même si, enfin, ce Parc national de 158 000 hectares (dont 141 500 en mer), voit le jour, l’établissement public qui aura en charge sa gestion devra, avec tous les partenaires locaux, concilier protection de la nature, développement touristique et économique tout en contenant une forte pression du foncier. Un tunnel peut souvent en cacher un autre.

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