La bande côtière Madrague – Les Goudes (et le noyau villageois) en coeur de Parc.

Ou comment à travers les Patrimoines floristiques, faunistiques, industriels, militaires et donc historiques, il est primordial que cette côte Marseillaise soit dans le coeur du Parc National des Calanques.
Voici pour en convaincre un article de Mireille G. Professeur de Sciences de la Vie et de la Terre. …


Patrimoine floristique

D’accès facile et immédiat par la route, les « Portes des Calanques » souffrent de scandaleuses décharges sauvages (en nette diminution, mais les dégâts sont à réparer), et continuent de beaucoup souffrir du piétinement.

Ci-dessus, exemple de décharge à la calanque blanche.

Il n’est pas question, évidemment, d’en interdire l’accès, mais une gestion raisonnée comprenant quelques réserves balisées est indispensable.

Croire que la bande côtière de La Madrague à Callelongue est de peu d’importance en regard du reste du massif serait une erreur grave.

Bien au contraire, loin d’être une marge quelconque, la bande côtière qui va de La Madrague à Callelongue est presque plus précieuse que le reste du massif.

* En effet, selon le professeur Henry Augier dont la notoriété scientifique est largement reconnue :
"… les Calanques sont riches en associations extrêmement rares d'espèces remarquables ; les peuplements les plus caractéristiques apparaissent sur le littoral du Mont-Rose et de l'Escalette, des Goudes et de Callelongue. . Le zonage littoral causé par l'apport de sel marin sur la terre lors des tempêtes de mistral et de vent d'Est, mondialement connue des botanistes, est riche d'espèces halophiles rares ou protégées et constitue l'un de ces ensembles biologiques, écologiques et paysagers mentionnés dans le décret d'application de la loi "Littoral".

– Informations exposées dans ses conférences par le Pr Augier et citées dans le site web d’UCL, association fondée par lui : <http://ucl.association.free.fr/calanques/fenetreflore.htm>

* D’autres sources scientifiques signalent aussi que l’intérêt floristique des calanques commence à la sortie de La Madrague.
C’est ainsi que les naturalistes réputés, co-auteurs de l’ouvrage La Méditerranée de Marseille à Menton (Delachaux et Niestlé, 1991) écrivent page 130 à 134, à propos du massif des Calanques (c’est nous qui soulignons) :

A partir du Mont-Rose … tout au long du trajet se répète, de la mer vers la montagne, la même succession caractéristique :

– rochers maritimes à Crithme et Limonium minutum

– étage de transition marqué par les floraisons printanières dorées, plaquées au rocher, de l’Astériscus maritimus et d’un Lotier analogue au Lotus drepanocarpus d’Afrique du Nord par ses pousses arquées en demi-cercle. S’ajoutent la multitude des fleurs blanches du Lobularia maritima, localement les tapis roses de Frankenia hirsuta, parfois les touffes blanchâtres d’Artemisia gallica. Egalement mimétique dans le paysage par son revêtement de laine grise mais omni présente, la Camphorine s’abrite dans les anfractuosités où survit le rare et délicat Silene sedoides.

Ci-dessus, Silene sedoides.

Asteriscus maritimus, photo de C.Guillaume.

– étage des buissons aérohalins en coupoles, donnant une physionomie particulièrement singulière à cette végétation…
L’espèce la plus représentative et la plus abondante (mais grande rareté en France) est l’Astragale de Marseille.


Patrimoine faunistique
La majeure partie de la faune des calanques est représentée dans cette bande côtière.
Du fait de la proximité de la route très fréquentée, c’est l’un des emplacements du massif où elle risque le plus d’être dérangée en l’absence de gestion raisonnée.

Ici, le lezard ocellé que j'ai croisé un jour sur un sentier en partant de la calanque blanche sur la route des Goudes.

Patrimoine industriel



* Ci-dessus, les vestiges de l’ ancienne usine de plomb de l’Escalette (XIXe siècle) se dégradent, ainsi que la cheminée rampante (les cheminées rampantes de La Madrague et de l’Escalette sont des ouvrages uniques en Europe) alors que ces vestiges convenablement balisés et fléchés donneraient un aperçu d’un aspect de l’histoire de l’industrie chimique à Marseille.

* Le petit port de l’Escalette, où venaient accoster les chalands, peut naturellement être laissé aux plaisanciers qui l’occupent maintenant, mais il pourrait être mis en valeur si les moyens du Parc le permettent, et de toute façon il a besoin d’être suivi pour éviter d’éventuelles erreurs comme celles qui ont eu lieu dans les bâtiments de l’ancienne usine de plomb.

Patrimoine militaire


* Le fortin en pierre de taille de l’Escalette (XIXe siècle) est placé dans un site magnifique. Il est à l’abandon, certes à peu près préservé du vandalisme et du squat par des grilles et des entrées murées, et ses murailles sont en très bon état, mais il est inutilisé. Ultérieurement il pourrait trouver un usage dans une gestion de Parc.


* Le fortin des Goudes (ci-dessus)

* Le Fort Napoléon, lui aussi dans un site magnifique : les deux blockhaus les plus grands servent à la fois de WC « sauvage » dans les pires conditions d’hygiène, et de lieu de rendez-vous. Ils pourraient être fermés, et conservés à titre historique, les autres blockhaus et les nids de mitrailleuses étant comblés et recouverts.


Mireille G. Professeur de Sciences de la Vie et de la Terre

Laisser un commentaire