Vacances au centre hélio-marin de Montalivet (1951)

Source :

LA VIE AU SOLEIL numéro 19 – Nov décembre 1951

(Photos non incluses dans l’article d’origine)

Lorsque l’unique autocar de la journée parti de la gare Citram de Bordeaux arrive vers 19 heures à Montalivet, le nouvel arrivant a l’impression de se trouver dans une petite ville du Far-West américain de la belle époque, comme on en voit au cinéma dans les westerns. Instinctivement, il cherche le bureau du sheriff.

A 200 mètres, on découvre la ligne d’horizon de l’Océan.
Le naturiste est généralement accueilli à la descente du car par un groupe de campeurs du Centre Hélio-¬Marin. La petite troupe se met en marche, en direction du camp qui se trouve à moins de 1500 mètres; plus souvent, les voitures des camarades de camp recueillent les pedestrians.
Peu après être sorti de Montalivet, on prend sur sa droite une piste cimentée, vestige du fameux mur de l’Atlantique; cette piste est signalée par différents panneaux dont le principal mentionne:
« Fédération Française de Naturisme – Centre Naturiste Hélio-Marin de Montalivet ».

Photo extraite de La vie au soleil – N° 62 – Nov-Déc 1958
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On traverse une lande sauvage, jadis désolée, après les incendies de 1944; mais la nature fait valoir ses droits et, chaque année, pins, genêts et ajoncs repoussent. Les jeunes pins gagnent presque un mètre par an. Le terrain est sablonneux et une maigre végétation s’efforce de le recouvrir. Vers l’Occident, le soleil commence à baisser lentement vers la charmante pinède qui borde Montalivet au Sud.
De nouvelles pancartes, placées à la limite de la zone neutre de 300 mètres qui entoure le camp, interdit l’accès de cette zone au public non naturiste, par arrêté municipal. Voici un bungalow, derrière une clôture qui ceint 23 hectares; c’est le « Secrétaire » du camp. Le délégué accueille les nouveaux venus, qui déposent une pièce d’identité, et il leur délivre la « licence de plage ». Un exemplaire du règlement intérieur du camp est remis à chaque personne. Ce règlement est d’ailleurs conçu d’une façon très large pour assurer à chacun le maximum de liberté; il règle la tenue du camp. Le nudisme intégral n’est pas autorisé, mais une assez grande tolérance est appliquée à ce sujet; par contre, le port du minimum, ce minuscule triangle d’étoffe, est admis dans le camp et sur la plage. Les chiens, postes de TSF, et instruments de musique sont interdits; là encore, tolérance est accordée pour l’harmonica et la guitare qui accompagnent les chants autour du feu de camp. Une heure de couvre-feu est établie pour permettre aux campeurs de goûter un repos parfait, seulement troublé par le bruissement de la mer et la crécelle rythmée des grillons.

On apprend encore, dans ce règlement, que le Centre est régi par une Commission paritaire composée de trois délégués de la FFN et de trois conseillers municipaux de Montalivet. Le règlement a été approuvé par le Conseil municipal.
Dépassant un vaste parking couvert pour véhicules, le nouvel arrivant s’enfonce dans le camp en suivant une piste paillée carrossable; un rond-point est spécialement réservé aux caravanes, à l’intersection d’une seconde piste carrossable qui traverse le camp en diagonale. On découvre d’un seul coup un horizon de tentes de camping, très espacées, l’une de l’autre, de coquets bungalows au toit de tuiles rouges; le centre du camp a été dégagé pour offrir la perspective des terrains de jeux et de volley bail, des douches, etc.

Photo extraite de La vie au soleil – N° 80 – mars avril 1962
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Plusieurs points d’eau potable, actionnés par des pompes à main, sont éparpillés dans le camp. Plusieurs WC, avec fosse en ciment, sont situés dans des cabines en bois recouvertes de tuiles, tout au fond du camp et à contre vent. Tout près, une grande fosse à ordures, avec un tonnelet de chaux. Comme on le voit, rien n’a été négligé pour assurer le parfait état sanitaire du camp. Les campeurs ont arrangé l’entourage de leurs tentes, traçant des allées bordées de pommes de pin, râtelant un sable bien blanc autour de jeunes pins ainsi mis en valeur, imaginant mille décorations rustiques et de meilleur goût; beaucoup d’entre eux ont installé à proximité de leur tente un édifice fait de grillage et recouvert de genêts; sous cette charmante tonnelle, des tables et des bancs ont été construits qui permettront à l’heure chaude, de prendre le repas dans une délicieuse pénombre.

De nouveaux bungalows, d’un style bien particulier, s’édifient peu à peu; ils sont pratiques et ensoleillés; ils possèdent tous leur petit mobilier: table, sièges, étagères, couchettes superposées, armoire et certains, le buta-gaz.
Le premier geste de l’arrivant est de se dépouiller de ses vêtements, de prendre une douche fraîche et d’installer son équipement. La matinée est employée aux travaux bénévoles du camp, à la toilette, au ravitaillement, les courageux font une incursion jusqu’à la plage, pour le premier bain matinal; celle-ci est distante d’environ 500 mètres, au-delà de la zone domaniale. Mais c’est l’après-midi que tout le monde se réunis sur cette vaste plage, déserte sur 20 km. Les enfants, toujours nombreux s’affairent avec joie, la pelle à la main, ou s’éclaboussent en riant dans les flaques d’eau.
L’océan, à perte de vue, donne une impression d’infini; ses rouleaux de vagues manquent souvent de mansuétude, aussi les bons nageurs sont-ils avertis de ne point trop s’éloigner.

Photo extraite de LVS N°81 – mai juin 1962
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A moins de 1500 mètres, on aperçoit la plage de Montalivet; de rares promeneurs passent de temps en temps sur la plage utilisée par les naturistes. Ces derniers espèrent que, dans les années à venir, leur plage leur soit exclusivement réservée, afin d’écarter les curieux éventuels.
La beauté de la plage et son extraordinaire étendue incitent les bons marcheurs à se livrer à des randonnées pédestres vers le Sud; ils y découvrent des rochers, des sources, et même des blockhaus, vestiges de la grande tourmente.
Lorsque le vent du large est par trop vif, les baigneurs se réfugient sur une petite plaine de sable abritée par la dernière rangée de dunes. Partout, ici, on a l’impression d’immensité, d’infini, de liberté totale. La lande sauvage est douce et prenante. L’odeur balsamique des jeunes pins est discrète mais tenace, et s’allie à celle du sable brûlant et aux effluves marins.

Revenons au camp; une grande table collective a été construite pour les réunions communes; de temps à autre, tous les membres de la communauté s’y rassemblent pour y discuter de l’organisation du camp. Lors d’une réunion d’information, un référendum fut ouvert pour connaitre quels étaient, pour les usagers, les points les plus attractifs du Centre de Montalivet. Voici les sept réponses les plus caractéristiques: le soleil, la liberté, la plage, l’air pur et tonifiant, l’ambiance de bonne camaraderie, la tranquillité et l’aspect sauvage des lieux.

400 naturistes ont séjourné au camp, de juin à septembre 1951, deuxième année d’existence.
D’excellentes perspectives d’avenir sont ouvertes; en effet, les centres de vacances naturistes sont peu nombreux et il n’yen avait aucun sur la côte Atlantique. La bienveillante compréhension d’une municipalité, les crédits qu’elle accorde, permettent d’envisager une extension constante et rapide des installations. Ne prévoit on pas l’adduction d’eau potable, l’installation du courant électrique et du téléphone, l’ouverture de nouveaux points d’eau, la construction d’une piscine d’eau douce, l’aménagement de terrains de sport, l’édification d’un home collectif, ainsi que la réalisation de nombreux services publics?

Photo extraite de LVS N°81 – mai juin 1962
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Mieux! Une nouvelle route a été spécialement aménagée qui sera, dans un proche avenir, l’avenue centrale, « l’Avenue du Soleil », d’une future cité naturiste: « Gymnosopolis-Océan », qui pourra s’édifier dès que les autorisations de lotissement seront accordées. En attendant, on peut déjà faire construire, à 300 mètres du camp, sous une charmante pinède. Ces projets confirment la ferme intention de la municipalité et de la Fédération Française de Naturisme de poursuivre l’œuvre commencée.
Parlons des festivités du camp. Chaque année a lieu un concours de tentes, qui devient traditionnel. Cette année, il y avait 14 exposants, plus une section enfantine. De nombreux prix ont été distribués. Un dimanche a été consacré à une « Fête Sioux », avec concours de totems; tout le monde s’était déguisé en Peaux-Rouges, le corps peint de différences couleurs, des plumes sur la tête!
Cette fête eut un tel succès que les participants se grimèrent à nouveau le lendemain pour tourner un film en couleurs, dont la mise en scène dura quatre heures! Une séance de projections de films naturistes se déroula, en privé, à l’hôtel Marin.

Enfin, un match de volley-ball contre les joueurs de la plage de Montalivet aligna les meilleures vedettes de l’endroit. Ajoutons que de nombreux jeux de plage furent organisés pour amuser grands et petits et qu’il ne se passa pas de jour où n’eut lieu la classique leçon de culture physique matinale, pour grands et petits, suivie de jeux de plein air les plus divers.
Le samedi soir a été régulièrement consacré au feu de camp sur la grande aire à feu, et, aux chants habituels, on n’oublia pas d’adjoindre quelques farandoles générales et danses folkloriques. On prévoit déjà, pour 1952, qu’un millier de naturistes, dont de nombreux étrangers, visiteront et séjourneront au Centre Hélio-Marin. Tout sera mis en œuvre pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles.

Le centre Hélio-Marin de Montalivet est en voie de devenir un grand centre de vacances pour les naturistes.

Photo extraite de LVS – N°83 – sept oct 1962 – Montalivet
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Cet article a 2 commentaires

  1. PETIT Jean-Marc

    De très belles photos et un joli exemple du Naturisme à Montalivet. Continuer dans ce sens là !! A très bientôt au CHM…..

  2. habitdesoleil

    Bonjour.
    Oui c’est en puisant dans l’histoire du N , que nous comprenons qu’indivdunu nous devons etre actif pour le groupe.

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