Projet de rénovation urbaine sur les hauts de Mazargues

Lundi, une première réunion lançait la concertation publique du projet de rénovation urbaine des Hauts de Mazargues. Les habitants redoutent de voir fleurir de nouveaux immeubles.

http://www.lamarseillaise.fr/environnement/le-beton-va-couler-au-pied-des-calanques-24413-2.html

L’ambiance est bouillante et la petite taille de la salle du collège du Roy d’Espagne n’est pas seule en cause. Les habitants de la Soude et des Hauts de Mazargues sont venus en masse à cette première réunion de présentation du projet de rénovation du quartier, lundi soir. Le diaporama de présentation du projet financé par l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) est loin de modérer les inquiétudes.
Labellisée « éco-quartier », la rénovation concerne la voirie, les espaces publics, des logements sociaux démolis et reconstruits et de nouveaux logements en accession à la propriété. C’est ce dernier point qui présage du pire pour les riverains. « J’habite à proximité de la place de la Barquière. Or vous prévoyez d’y construire de nouveaux logements dans un quartier déjà très dense. Votre projet, on est contre », vitupère un habitant, aussitôt applaudi.

Le député-maire (UMP) du secteur, Guy Teissier, est venu défendre le projet aux côtés de Raphaël Le Méhauté, préfet à l’égalité des chances, Nicolas Binet, le directeur du Grand projet de ville et Philippe San Marco, vice-président de la communauté urbaine. Le maire monte au créneau. « Il n’est pas question de faire ici des barres et des tours. Ce sont de petits immeubles de quatre étages au maximum dont une partie est en accession sociale à la propriété. Il est légitime que les locataires qui vivent ici puissent un jour y acheter. »

Concertation à venir

L’argument touche sans faire mouche : tous ont l’impression que le projet est déjà arrêté. « Pour quelles raisons notre association n’a jamais été conviée aux réunions de concertation d’élaboration du projet alors que la loi vous y oblige ? », s’interroge ainsi Annick Tajan, présidente de Sos nature Sud.

La chef de secteur de la politique de la ville, Marie-Laure Comiti, se veut rassurante : « Cette réunion lance la concertation. Rien n’est acté. Vous pourrez vous inscrire aux ateliers pour être associés aux décisions. »


Pourtant la signature de la convention avec l’Anru est prévue pour le 10 octobre. « C’est une convention d’intention avec des options », défend le préfet à l’égalité des chances qui omet de préciser que le nombre de logements créés et démolis fait partie des critères très surveillés par l’Anru.

A ce propos, une habitante s’inquiète : « Vous parlez de 34 logements détruits mais que se passera-t-il si les locataires refusent d’être relogés ? »
Plus la réunion avance, plus la liste des questions sans réponse s’allonge. Un autre habitant veut savoir comment faire pour éviter que l’école de la Cayolle soit un ghetto « alors que la nouvelle population n’y met pas ses enfants ? ». Et puis il y a les routes déjà saturées, le boulevard Urbain Sud maintes fois programmé mais pas financé. Et puis et puis et puis… La concertation promet d’être animée.

Cet article a 2 commentaires

  1. anonymous

    Anonyme writes:Enfin un journaliste qui rapporte les faits tels qu'ils se sont passés! Félicitations, car c'est loin d'être le cas de la Provence.Cependant, malgré les apparences cette réunion était la 2ème.La première a eu lieu , en toute discrétion sans que personne ne soit informé (sauf les " non fâcheux " )le 10 Juin à la maison pour tous de la Martheline.C'est en l'apprenant que SOS Nature Sud a commencé par s'adresser aux responsables politiques du projet en signalant qu'ils n'avaient pas tenu leurs promesses de concertation faites verbalement et par écrit depuis le mois de Février! En raison du silence radio de ces derniers et de la désinformation des habitants du secteur nous nous sommes chargés de la diffusion de ce qui se tramait.Le résultat a dépassé nos espérances! Les 300 personnes ( environ) présentes ont fait comprendre à nos décideurs que le mot concertation existe et qu'il faut arrêter de prendre les gens pour des abrutis décérébrés!Je terminerai en soulignant que l'impolitesse de ce débat ne se situait pas du coté assistance, comme le sous entend l'article de la Provence, mais du coté organisateurs: Salle trop petite, alors que sur" scène" chacun était bien assis et disposait d'un micro pour se faire entendre, en salle la moitié ou plus de l'assistance était debout et sans mise à disposition d'un micro.Ainsi celui ou celle qui parlait devait hurler pour se faire entendre , la partie gauche n'entendait pas ce qui se disait à droite et vice versa, le fond du devant etc…..Mr TEISSIER s'arrogeait le droit de donner ou non la parole à qui il voulait et est allé jusqu'à demander à ce monsieur qui est cité dans l'article : " Qui vous paye"!Son attitude n'était pas révélatrice d'un intérêt quelconque sur les lourdes questions sociales qui se sont posées.Gardons l'espoir que cette mobilisation citoyenne fasse valoir les droits à une expression libre! Il y a fort à faire car les CIQ du secteur, qui par définition doivent être apolitiques , sont totalement inféodés à la mairie du 9ème.

  2. progmarseilleman

    Reproduction avec accord de la lettre d’informations du CIQ les hauts de Mazargues – Mars 2011Le parc des Calanques préserve nos quartiers, la preuve : Depuis le début de l’année 2011, on nous assène que la création du Parc National des Calanques va contribuer à la bétonisation de nos quartiers.Le travail de la commission urbanisme permet de constater que de nombreux permis de construire sont refusés à cause, notamment de l’arrêté du 30 avril 2009, portant prise en considération du projet de création du Parc National des Calanques. Rien qu’au mois de janvier, quatre permis n’ont pas été donné par les services de Madame Danielle Servant pour des projets dans le boulevard de la Cayolle et de Pierotti. Dans ce dernier boulevard, au 45, le demandeur voulait construire sur 4450 m2 un lotissement de 20 lots à proximité de l’espace boisé classé. Que lit-on sur ces arrêtés de refus ? « L’urbanisation de cette zone est susceptible de modifier sensiblement les limites du sites inscrits et ses abords, d’en altérer l’aspect et de porter atteinte à sa préservation ». Comme nous l’avons écris dans le numéro de février 2011, cette partie de la Cayolle sera dans la zone d’adhésion et les services de l’urbanisme de la Mairie sont donc très soucieux de la qualité des permis de construire. Tous ces documents sont librement consultables au service de l’urbanisme. Ils sont les preuves que le Parc National des Calanques loin d’être un appel d’air aux constructions anarchiques préserve nos paysages même sur sa bordure !Pour qui les opposants au Parc roulent ils alors ?

Laisser un commentaire