Mauvaise nouvelle mais tellement prévisible…. …
Le projet tels qu'il est présenté aujourd'hui pourrait ne pas être validé par le conseil d'Etat
Le conseil national de protection de la nature, institution émanant du ministère de l'écologie, et le comité interministériel des parcs nationaux (CIPN) se sont montrés très critiques envers le projet actuel du Parc National des Calanques.
Ils pointent du doigt "le manque d'ambition du projet, considéré en deçà des attentes d'un Parc National" et la réduction, sans justification cohérente, de la zone de coeur.
Ces institutions, proches de l'Etat, ont du mal à comprendre pourquoi Port Miou est exclue du coeur de Parc.
Le choix de mettre ces zones à forts enjeux écologiques et patrimoniaux, comme l'île du Frioul ou la rade sud, en aires d'adhésions semblent être en contradiction avec le niveau d'excellence imposé aux Parcs Nationaux Français.
Les associations de protection de l'environnement, représentantes d'usagers ou CIQ de quartiers avaient déja faits ces critiques depuis longtemps auprès de la mairie et autres décideurs mais ceux-ci ne semblaient rien vouloir savoir. Nous sommes même monter à Paris, au ministère de l'écologie début février 2011 pour dire nos craintes, peines perdues. Décidément, il faut que les gens soient au pied du mur pour se rendre compte de leurs erreurs.
Pour moi, et ça n'engage que moi, les décideurs du Parc ont trop écouté les anti-parc. Ils ont trop donné à ceux qui avaient des intérêts financiers à voir le Parc se réduire comme une peau de chagrin, vidant de sa substance l'intérêt d'un PN des Calanques.
En fait, le GIP des Calanques avait un projet extrêmement ambitieux, celui de plaire à tous le monde lors de la phase de concertation. Une concertation qui a été critiqué par des anti-parcs à la mauvaise foi extrême alors que 500 heures d'écoutes ont été consacré aux acteurs locaux. Mais, il faut bien se rendre compte qu'à un moment, on ne peut obtenir gain de cause face à des sourds muets…et que la seule façon d'avancer et d'imposer des décisions.
La protection de la nature doit être prioritaire face aux intérêts privés mais quand on a deux Maires (celle de Cassis et celui de Marseille) qui mettent en avant leurs soucis de voir l'expansion économique et géographique de leurs communes freinée par le PN des Calanques, on est mal parti pour avancer sereinement…
Quelques questions qui me hantent : – Comment peut on retirer du coeur du Parc, des zones natura 2000 ou des sites inscrits ? ça n'a pas de sens !
– Comment un élu peut-il être sourd à ses électeurs et à un sondage favorable au Parc ?(je fais référence au choix des Goudiens de voir leur village en coeur de Parc).
– Pourquoi des journaux locaux censés informer les Marseillais éditent des fausses informations (je fais référence à un article qui dit que la majorité des Goudois ne veulent pas être en coeur de Parc ou sous entendent que la destruction de la Marronaise est une mauvaise nouvelle sans parler, ou si peu, des nuisances qu'elle causait ?)
– Pourquoi la Provence privilégie les anti-parcs (ou ceux qui critiquent le Parc), quitte à leur consacrer deux pages entières et fait un encadré de 10 lignes pour les pro-parcs ?
– Pourquoi aucun journaliste Marseillais n'a repris l'information sur notre audience ministérielle ? (après deux envois à 75 correspondants)
– Comment font des associations anti-parcs créées il y a 6 mois pour se payer une page entière de pub dans la Provence à 15 000 euro ? si celle-ci n'est pas soutenue par des gros groupes financiers ?
Comme le CIPN, les associations pro-parc sont déçus du manque d'ambition du Projet du PN des Calanques mais nous aurons la fierté d'avoir fait ce qu'il fallait pour réussir et ainsi préserver une nature fragile pour les générations futures. Certaines travaillent depuis 20 ans pour la création de ce Parc, imaginez le travail investit ?
Je n'en dirais pas tant pour ceux qui porteront la lourde responsabilité d'avoir fait capoter le projet.
Si l'équipe du GIP des Calanques ne figure pas, pour moi, parmi les bancs des responsables, je pointe du doigt notamment les deux maires auxquels je fais référence plus haut.
Car, le gros soucis est bien là, le projet en tant que tel, ne pourrait recevoir l'assentiment du conseil d'Etat. Seul, il décidera in fine de la création, ou non, du Parc.