Les naturistes ne sont plus les bienvenus à Moscou. Selon le Moscow Times, les autorités moscovites veulent absolument fermer une plage nudiste mythique de la capitale russe, dans le parc naturel de Serebryany Bor. Un élu de la ville accuse ces baigneurs de « dépravation publique ».
Liudmila Stebenkova mène cette croisade contre ce lieu où se réunissent les naturistes depuis près de trente ans. Elue à l’assemblée municipale de Moscou et membre du parti Russie unie – le parti du président Vladimir Poutine –, elle a proposé à l’assemblée de Moscou d’interdire la nudité aux abords de l’étang où se rassemblent les naturistes. La question sera examinée prochainement par les élus moscovites, explique The Telegraph.
« Nous ne pouvons pas encourager le vice », argue Mme Stebenkova sur son blog. Selon elle, les abords d’un des étangs du parc seraient devenus « une zone de bagarres, de beuveries et d’orgies. Mais la police ne peut s’y opposer, parce qu’il n’y a pas de lois contre le nudisme ».
Un projet immobilier à proximité
Le représentant de la Fédération naturiste de Russie, Sergueï Mityushin, reconnaît que le site est en triste état, notamment parce qu’il est fréquenté par des alcooliques et des criminels la nuit. Mais il accuse les autorités locales de laisser la situation se dégrader volontairement. Car, au-delà de la morale, ce dernier mentionne une raison plus pragmatique qui pousserait les élus à fermer ce lieu : un projet immobilier serait situé à proximité.
Si M. Mityushin pense déjà à un nouvel endroit pour accueillir les naturistes, Liudmila Stebenkova entend quant à elle « l’interdire pour de bon ». Néanmoins, tous les élus moscovites ne sont pas de cet avis. Anton Paleev, par exemple, tempère la position de sa collègue dans les colonnes du Telegraph :
« Etre nu fait partie intégrante de l’être humain. Si les nudistes ne dérangent personne, alors nous ne devons pas les déranger. »
Le précédent de Saint-Pétersbourg
Après les homosexuels, les naturistes semblent ainsi devenus les dernières cibles de certains conservateurs russes. En mai, une plage similaire aux abords de Saint-Pétersbourg avait déjà été fermée par les autorités locales parce qu’elle menaçait « la moralité publique », rappelle le Guardian.
Vitaly Milonov, élu municipal conservateur célèbre pour avoir rédigé la loi interdisant la « propagande » homosexuelle, avait alors justifié cette décision par une formule tranchée : « Il est temps de protéger nos enfants contre le défilé de ces vieux pervers poilus. »

