A Stockholm, on ne rejette pas les eaux usées à la mer comme à Marseille !

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201510/18/01-4911211-a-stockholm-les-eaux-usees-font-rouler-les-bus.php

Publié le 18 octobre 2015 à 18h08 | Mis à jour le 18 octobre 2015 à 18h08

À Stockholm, les eaux usées font rouler les bus

Pendant 15 à 20 jours, les eaux usées... (123rf/kerran)

Pendant 15 à 20 jours, les eaux usées de Stockholm sont triées et versées dans des bassins pour pouvoir fermenter, puis être transformées en biogaz, qui est injecté dans les réservoirs des autobus.

Alors que la ville de Montréal nage en plein «flushgate», une partie des autobus de Stockholm roule grâce aux eaux usées de la ville, fermentées dans une usine inaugurée en 1941, pour produire du biogaz, utilisé comme carburant.

De l’extérieur, on aperçoit une cheminée, qui dépasse d’une colline. Creusés dans la roche, les 20 km de galeries de l’usine d’Henriksdal, vastes tunnels dans lesquels sont installés bassins et réservoirs, permettent de produire l’énergie d’une partie des bus de la capitale suédoise.

Pendant 15 à 20 jours, les eaux usées de la ville, mais aussi les graisses des restaurants, vont être triées et versées dans des bassins pour pouvoir fermenter, être transformées en biogaz – ou biométhane – ensuite injecté dans les réservoirs des autobus.

Plus de 850 000 m3 y sont ainsi recyclés chaque année, initialement pour fournir notamment du chauffage. «La priorité a été donnée aux autobus à la fin des années 1990», détaille Andreas Carlsson, ingénieur dans cette usine.

«À Stockholm, ce sont les déchets de la ville qui produisent le gaz pour alimenter les bus», commente Jean-Pierre Farandou, le patron de Keolis, l’opérateur français chargé de l’exploitation d’une partie des bus de Stockholm. Quelque 36 % de leur flotte dans cette ville roule au biogaz.

«C’est un gros investissement, une usine de méthanisation. Sans compter les [tuyaux] éventuels. Il y a des infrastructures à construire, on est en retard en France», ajoute-t-il.

«Le gaz est une énergie fossile. Il émet du carbone, mais moins que les autres. On peut facilement passer au biogaz, car c’est le même moteur» pour le véhicule, explique Anne-Blandine Dassencourt, directrice adjointe environnement de Keolis.

Cette publication a un commentaire

  1. marseilleman

    Voici la réaction de deux scientifiques à propos de cette information :

    J’ai bien reçu votre article de presse concernant la fabrication de biogaz avec les déchets solides et liquides et je vous en remercie. C’est une pratique assez courante en France et dans le monde. Par exemple, Toulon le fait depuis longtemps avec les ordures ménagères et Marseille à la Cayolle, avec les résidus de traitement. L’usine de la Cayolle transforme, en effet, une partie des boues de la station d’épuration Géolide en biogaz par un procédé de biotransformation. Ces procédés sont actuellement dépassés et certains doivent même être prohibés. En effet ces biogaz contiennent de fortes proportions de méthane (un gaz à effet de serre plus puissant encore que le dioxyde de carbone), ce gaz générant de grandes quantités de CO² lors de son utilisation dans les moteurs ou les chaudières. Avec le changement climatique (COP 21), l’avenir n’est pas au biogaz, mais aux moteurs électriques et, dans peu de temps, aux moteurs à hydrogène.

    Bien cordialement.

    Henry Augier.

    **********************************************************************
    Christian G.

    Le Pr. AUGIER a probablement raison sur le peu d’avenir du biogaz dans les véhicules, par rapport à l’électricité et à l’hydrogène.
    Par contre, l’économie circulaire semble avoir un avenir en agriculture. J’ai vu en Allemagne en 2013 d’importantes installations de biogaz grâce auxquelles les paysans allemands ont des revenus souvent confortables, par les économies sur la facture de chauffage (en particulier pour les serres), et par la vente de biogaz aux villages voisins.
    L’inconvénient environnemental du biogaz est compensé par le fait que le lisier disparaît au lieu de polluer gravement les nappes phréatiques et les cours d’eau comme c’est le cas en Bretagne.

    Bien amicalement,
    Christian.

Répondre à marseilleman Annuler la réponse