A Epesses, les naturistes montrent les crocs

Vu sur le site « le régional » : http://www.leregional.ch/www/article/article.php?rub=2&id=1686&region=16

Pétition • Dans un document qui vient d’être remis au Conseil communal, 495 signataires réclament un moratoire de deux ans en faveur des nudistes.

Gendarmes tapis derrière les bosquets, amendes d’ordre de 190 francs, plage laissée à l’abandon; trop, c’est trop! «On se croirait sous le KGB», tonne l’un des 495 signataires de la pétition qui vient d’être remise au Conseil communal d’Epesses, ainsi qu’au Tribunal administratif et à l’Office du Tourisme du Canton de Vaud.
Les pétitionnaires réclament un moratoire de deux ans afin de réfléchir à l’avenir de la plage de la Budaz, arguant l’ampleur de cette pratique en Europe et l’absence de lieu réservé à cet art de vivre sur tout l’arc lémanique. «30% des touristes visitant la Suisse proviennent de pays où environ 15 millions de personnes pratiquent le naturisme», précise la pétition. Les usagers de la plage se disent en outre prêts à fonder une association dont les cotisations seraient reversées à la commune.

Les citoyens décideront
Pour la syndique d’Epesses, Nicole Gross, «cette pétition est une bonne chose, car le problème pourra être traité dans un cadre démocratique et non pas passionnel comme jusqu’à présent.»
Il appartiendra donc au Conseil communal de décider de l’abrogation de l’article 41 b qui stipule: «tenue correcte exigée». Le cas échéant, les citoyens d’Epesses auront le dernier mot. Christian Chappuis, Président du conseil communal, n’a fait aucun commentaire et attend la prochaine séance pour se prononcer.
Pour Florence Siegrist, préfet du district de Lavaux, «une commune a la possibilité de réglementer l’usage qui sera fait de son domaine public, mais elle doit le faire dans un cadre qui ne soit pas contraire à la constitution.» Telle sera la question dont il faudra débattre, car, à ce jour, aucune loi cantonale n’interdit le naturisme.

20 ans de bons et loyaux services
«Lorsque nous sommes arrivés sur cette plage, il y a 20 ans, explique une naturiste, la Budaz était un mouchoir de poche». C’est patiemment, et grâce aux bons soins d’un retraité qui y consacre plusieurs heures par jour, que ce site est devenu une belle plage, entretenue régulièrement et agrémentée de bambous, «en partie arrachés par la commune qui avait pourtant promis de l’entretenir et qui ne fait rien», souligne encore cette habituée.
«Entre Villeneuve et Lausanne, c’est le seul endroit qui permette une certaine décence vis-à-vis des non-pratiquants (réd: car cette plage est à l’abri des regards). Je nous vois mal devant le Château de Chillon, ironise un habitué, offusqué par l’attitude des autorités, digne d’un régime bananier».

http://www.epesses.ch/sommaires/sommaire_princ.html

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