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http://www.laprovence.com/article/region/parc-national-des-calanques-la-derniere-ligne-droite
—– Guy Teissier : "Marseille sera une référence mondiale pour le développement durable" —–

Avec la charte qui est présentée aujourd’hui, on connaît enfin le visage du futur Parc national des calanques. Dans quelle mesure peut-il encore évoluer ? Quel est le calendrier final ?

Guy Teissier : "Nous présentons aujourd’hui l’avant-projet de la charte qui va encore s’enrichir des contributions des uns et des autres jusqu’en octobre. A l’automne, nous aurons un projet de "charte stabilisée" qui sera soumis, pour vote, à l’assemblée générale du GIP, à toutes les collectivités concernées ainsi qu’à une consultation officielle de toutes les associations qui ont été concertées. Entre temps, nous aurons eu l’avis du Conseil national de la protection de la nature. A l’issue de ce processus, sera engagée une enquête publique où tout un chacun pourra venir pétitionner et rencontrer le commissaire enquêteur. A ce stade nous apporterons les dernières modifications à la charte et le Premier ministre signera le décret de création dans le courant du premier semestre 2011. Comme vous pouvez le constater, il y a encore du pain sur la planche…

Les opposants assurent que le Parc sera un machin parisien… En quoi les Provençaux garderont-ils la main ?

G.T. : Pas très original comme argument. A Marseille, il suffit d’agiter Paris pour tenter de destabiliser un projet. Le Marseillais de souche, que je suis, aurait pu s’y laisser prendre. A titre indicatif, il y a beaucoup plus de Parisiens au conseil d'administration d’Euroméditerranée, et pourtant tout le monde reconnaît les bienfaits d’Euromed' à Marseille. Plus sérieusement, dans la charte, il est écrit que c’est le conseil d’administration qui réglemente et le directeur qui exécute. Avec deux précisions de taille. Une certitude, le conseil d’administration sera composé de plus de la moitié de gens d’ici et le directeur sera désigné sur une liste de 3 candidats actée par le CA. Enfin, le directeur devra rendre compte de ses décisions devant le CA et ne pourra pas prendre de décision contraire à la charte. Voilà de vraies garanties que j’ai souhaité voir inscrites dans la charte.

Vous revendiquez une concertation au long cours. Pourtant on a assisté à une poussée de fièvre ces derniers mois… Signe d’un problème de méthode ?

G.T. : Quand vous portez un projet aussi structurant qui modifie un certain nombre d’habitudes, je ne pense pas qu’il y ait de méthode idéale ; vous avez forcément des mouvements d’humeur qui se manifestent, qui plus est à Marseille où l’esprit frondeur fait partie du génome marseillais. Pas un seul parc national en France n’a été créé dans une unanimité béate ; ce qui est vrai par contre, c’est que les opposants aux projets de parc sont généralement ceux qui sont les plus beaux avocats quelques années après. La vérité, c’est que ce projet aura fait l’objet d’une intense concertation avec 500 heures de débats et plus de 180 réunions . A Marseille, pas un projet n’aura été autant concerté. La réalité, c’est ça.

Problème, en ne donnant pas des arguments précis, les fantasmes les plus fous ont pu courir…

G.T. : Pour donner des éléments précis, il aurait fallu que la charte soit écrite. Or nous avons voulu avec les maires que la charte soit le fruit d’un véritable travail d’écoute. On ne peut pas vouloir tout et son contraire.
Ceci dit, c’est sur la mer que j’entends le plus de contre vérités qui sont à la limite du mensonge éhonté et de la mauvaise foi la plus caractérisée. J’entends dire, avec le parc, on ne pourra plus pêcher du Frioul à l’île verte. Faux et archi faux : pour favoriser la diversité biologique méditerranéenne, et notamment avoir plus de poissons dans la rade de Marseille, nous proposons que sur 2,5% de l’espace marin côtier soient implantées de zones de non prélèvement , 12% en incluant le canyon de Cassidaigne. Un colloque sur le sujet qui se tenait dans le Var vendredi dernier, auquel participait d’ailleurs mon collègue Renaud Muselier, montrait qu’à Scandola en Corse les pêcheurs pro comme de loisir avaient vu leur rendement au filet X4 en 10 ans, qu’il pêchaient des poissons deux fois plus gros qu’avant, et que ces poissons voyaient leur capacité de reproduction X par 14. Moi, c’est cette Méditerranée que je veux, et pas celle où l’on braconne à tour de bras en détruisant nos fonds marins. J’entends dire, avec le parc on ne va plus pouvoir faire du bateaux ; c’est faux. On continuera à pratiquer la plaisance, à organiser des régates et à plonger. Par contre sur certains fonds marins particulièrement fragiles, dans les fonds de calanques par exemple, nous proposons de mettre des mouillages organisés pour éviter que l’herbier de posidonie, poumon de la Méditerranée, ne soit trop souvent détruit. Il va de soit qu’il ne s’agit pas de mettre des mouillages organisés partout ; ça n’aurait aucun sens et ça ne fonctionnerait pas.

N’y a–t-il pas un double jeu chez des élus marseillais comme Jean-Claude Gaudin ou Renaud Muselier qui, en avançant à reculons sur ce dossier, ont encouragé les opposants ? De même, les rapports avec le Conseil général n’ont pas toujours été très simples…

G.T. : Que la politique politicienne se soit immiscée dans le processus, je ne le nie pas. Je rappellerai simplement qu’en 1999, ce sont Jean-Claude Gaudin et Jean-Noel Guerini, ensemble, déjà, qui ont souhaité que soit inscrit dans les statuts du GIP que ce dernier devait tendre vers un parc national. A l’époque, je me permets de le préciser, la loi de référence sur les parcs était celle de 1960, très restrictive à bien des égards. C’est parce que j’ai fait modifier la loi pour permettre notamment aux usagers d’être représentés au CA que nous avons pu envisager la création d’un parc aux portes de la deuxième ville de France. Quant à Renaud Muselier, quand nous en parlons ensemble, il me confirme son soutien au projet. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement quand on porte comme lui le projet du Grand Marseille. Le Parc national est typiquement un projet qui s’inscrit à l’échelle d’un territoire métropolitain, lisible sur le plan international et qui nous différencie des autres grandes même métropôles que sont Lille, Lyon,Nantes voire même Paris. On est typiquement dans cette logique de métropôle de projet défendue par Eugène Caselli notamment et bien d’autres. Les discours c’est bien, les actes c’est mieux.

Officiellement, tous les élus sont aujourd’hui OK sur la charte. Avez-vous du concéder beaucoup de choses ?

G.T. : La concertation, pour ne pas dire la négociation, que j’ai eu personnellement avec chacun des maires ou présidents de collectivités locales a permis de mieux cerner les attentes des élus locaux et de trouver des points d’accord qui concilient leurs objectifs, communément partagés d’ailleurs, de maîtrise du développement économique et d’encouragement au développement durable de leur territoire. Seulement 5% de ce qui était proposé initialement en cœur de parc a été retiré. A Marseille, Jean-claude Gaudin et Dominique Tian ont souhaité retiré le village des Goudes du cœur de parc. A Cassis, Mme Milon a souhaité retirer Port-Miou que l’histoire de l’homme a beaucoup artificialisé. A la Ciotat, une fois admis qu’il n’avait jamais été question que la zone Athélia V soit en cœur de parc, nous sommes tombé d’accord avec Patrick Boré de sortir 7,5 hectares à proximité de la zone du Mentaure contre les 10 hectares qu’il me demandait, et ce afin de protéger une espèce rare de liseron. Avec les maires de Ceyreste et de Roquefort, nous avons également su trouver des accords, importants pour leur commune. Aujourd’hui seul le territoire de Fontblanche à Roquefort n’est pas stabilisé à la demande du président Guérini.

Voici 2 mois, l’Etat a froncé les sourcils, à en croire un courrier du ministère évoqué par un hebdomadaire national…

G.T. : Ah bon, vous me l’apprenez… L’Etat n’a aucune raison de froncer les sourcils et serait bien mal inspiré de le faire si l’envie lui en prenait car aux Goudes ou à l’Escalette, on ne peut pas dire qu’il ait été particulièrement efficient…

Longtemps des associations écologistes vous ont trouvé trop timoré. Comment les avez vous convaincues ?

G.T. : Par la méthode de concertation mise en place. Aujourd’hui, ils sont les premiers à reconnaître que c’est la première fois qu’à Marseille un projet aussi important a été autant concerté. Or vous connaissez leur attachement à la démocratie participative. Et puis je pense par la sincérité de ma démarche. Ils ont compris que je n’en faisais aucun enjeu de gloire personnelle ; sachez d’ailleurs, qu’une fois amené à bon port, je ne revendiquerai pas la présidence du parc national.


En quoi, le Parc est-il une chance pour Marseille et la Provence ?

G.T. : Vous savez un parc ce n’est pas seulement un outil de protection d’un espace naturel remarquable, c’est aussi un moyen de repenser les politiques d’urbanisme, de transport, de gestion de l’interface ville-nature. Ca va nous aider à positionner Marseille comme une agglomération de référence, à l’échelle mondiale, en termes de développement durable, ça va nous aider aussi à diversifier notre développement économique et notamment touristique. Marseille a suffisamment une image à améliorer pour ne pas saisir sa chance d’avoir un label d’excellence qui s’inscrive dans le temps.

Environnement d’un côté avec le Parc, urbanisme de l’autre avec Euroméditerranée, comment conciliez-vous ces deux aspects du futur de Marseille ?

G.T. : En pointant du doigt ces deux grands projets, vous mettez en exergue le formidable potentiel de notre ville trop longtemps sous valorisé. Quelle est la ville en France et en Europe qui peut se targuer de mener de front la plus grande opération d’aménagement d’intérêt national d’Europe et le premier parc national péri-urbain d’Europe. Tout simplement aucune. Le fait que ce soit le même homme qui mène ces projets, donne un gage de cohérence à une démarche qui doit se comprendre et s’entendre à l’échelle d’un territoire plus global. Enfin, pour que ces projets réussissent, il faut que la place de l’humain soit préservée, tout en respectant le beau et la nature. C’est la raison pour laquelle, j’ai souhaité par exemple que nous mettions en place une ferme énergétique qui permettra de puiser l’énergie de la mer pour assurer le chauffage et le rafraichissement de 30 000 nouveaux logements dans euromed 2.

Votre militantisme pour le Parc n’est-il pas une manière de vous positionner pour des échéances municipales ?

G.T. : Le Parc national sera un succès à partager avec tous ceux qui aiment la nature et nos territoires. Il montrera que les hommes responsables peuvent faire de belles et grandes choses. Tout est question de volonté, comme en politique finalement.

Lorsque vous avez été élu à la tête GIP, sur le fil, imaginiez vous que la route serait longue ? Seriez vous prêt à recommencer ?

G.T. : La gestation d’un parc national c’est globalement 10 ans, donc je savais que ce serait une tâche de longue haleine semée d’embûches. Je le referai sans hésitation car je pense que c’est un devoir de garantir pour les générations futures la transmission de ce patrimoine unique aujourd’hui terriblement menacé".

Ici, une autre vidéo de TF1 sur les gardiens du patrimoine des Calanques :
http://videos.tf1.fr/jt-20h/les-gardiens-des-calanques-5931891.html

août 2nd, 2010

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