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«Ça me terrifiait de marcher nu pour la première fois devant d’autres gens à poil»

Vincent Brunner — , mis à jour le 26.07.2017 à 16 h 10

http://www.slate.fr/story/148851/nudisme-anticapitaliste

Le nudisme, ce n’est pas qu’un bain de minuit, mais une philosophie, une acceptation de soi.

Des personnes se promènent nues dans camp de naturistes de la région lyonnaise, le 26 juillet 2005 | FRED DUFOUR / AFP
Des personnes se promènent nues dans camp de naturistes de la région lyonnaise, le 26 juillet 2005 | FRED DUFOUR / AFP

Il a écrit pour la télé (Star Trek Voyager) et pour le cinéma jusqu’à ce qu’il en a eu marre de voir Hollywood gâcher ses idées. Depuis, le Californien Mark Haskell Smith publie des romans noirs assez déjantés (cinq, édités en France chez Payot et Rivages) et, de temps à autre, se lance dans des enquêtes sur des sujets volontairement en marge. The Heart Of Dankness (pas encore traduit) le voyait s’intéresser à des «outlaws» modernes, les cultivateurs de cannabis. Pour Au pays des nudistes, il s’est immergé dans la culture nudiste pendant plusieurs années, donnant de sa personne notamment en participant à une randonnée nudiste en Autriche. Si ce dernier livre se lit avec plaisir, c’est d’abord parce qu’Haskell Smith a un style entrainant et un sens de la comparaison jubilatoire (à propos de personnes âgées nudistes et bronzés: «Imaginez l’acteur hollandais Rutger Hauertransformé en sac à main, ça vous donnera une idée»). Mais, au-delà du divertissement, son ouvrage retrace avec précision la situation du nudisme au 3e millénaire et montre que le nudisme, s’il est lié au bien-être, reste un sujet politique.

Comment avez-vous eu l’idée de cette enquête?

J’ai écrit un livre sur la sous-culture autour du cannabis, The Heart Of Dankness (2012). Je me suis ensuite demandé: qui d’autre mène une activité pour le plaisir, pour des raisons purement hédonistes, alors que cette activité est considérée illégale? C’est encore le cas pour le nudisme, dans beaucoup de parties du monde. Ou alors c’est une activité stigmatisée, on pense que celles et ceux qui le pratiquent sont des déviants, des pervers. J’ai écrit pour moi-même une note d’intention présentant ce à quoi le livre pourrait ressembler. J’ai passé l’année suivante à enquêter sur un autre sujet, la nourriture en voie d’extinction. Quand j’ai présenté cette idée à mon éditeur, il m’a répondu: «Hum, non, on ne publiera pas ce livre. – Ha, sinon, j’ai une idée autour des nudistes. – Super, fais-ça à la place». C’est ainsi que je suis devenu nudiste: de manière accidentelle.

Auparavant, étiez-vous familiers du nudisme?

Pas du tout. Je m’étais baigné à poil pendant mes années lycée avec des amis. Mais c’était tout.

Cela a donc été une terre inconnue?

Au départ, je me suis dit que ça allait être amusant, que j’allais me confronter à mes propres problèmes en me rendant dans des camps de nudistes. Mais, à partir du moment où j’ai commencé à faire des recherches, je me suis rendu compte que le nudisme a une longue et riche histoire. Comment cette culture a-t-elle émergé, où va-t-elle? Et puis il y a aussi toutes les implications politiques qui m’ont fasciné. Au départ, je me suis dit que ça allait être un petit livre marrant. Au final, il parle de beaucoup plus de choses que ça.

Que s’est-il passé lors de votre première sortie nu dans un camp de Palm Springs? Vous avez utilisé tellement de spray pour vous prévenir des méfaits du soleil que votre pénis semble, je vous cite, «enduit d’une laque brillante, pareil à quelque artefact de la dynastie Shang». Inconsciemment, vous aviez peur?

Ça me terrifiait de marcher nu pour la première fois devant d’autres gens à poil. Mais une fois que je l’ai fait, j’ai compris que personne n’en avait rien à foutre de moi. «Tiens, il y a ce gars, regardez combien son pénis brille!? J’espère qu’il ne va pas se baigner avec toute cette crème sur lui.» Passer cette première étape a été vraiment terrifiant. C’est une bonne chose que j’eusse déjà signé un contrat pour le livre: je ne pouvais pas rendre l’argent.

Après ce premier jour difficile, vous donnez l’impression de vous être senti comme un gars normal dans un environnement pas si bizarre que ça, non?

Oui. Une fois que tu dépasses ta gêne initiale (tout se passe dans ta tête, personne n’essaye de te faire te sentir mal, personne ne se marre en te pointant du doigt), une fois que tu vas au-delà de tes propres peurs et de tes propres handicaps, la situation devient assez normale. Il faut l’avouer: voir autour de toi des gens nus s’affairer devient bien moins intéressant que tu ne le pensais. Cela se transforme en normalité, ce qui est plutôt cool, finalement.

Quand vous commencez votre tour d’Europe, vous vous rendez vite compte que le nudisme y est beaucoup plus accepté qu’aux Etats-Unis. Ça vous a surpris?

Oui, un peu. Evidemment, Américains et Européens partagent beaucoup de choses. Mais nos cultures restent différentes. La culture américaine est bien plus répressive, puritaine et étrange. Pour un pays qui célèbre la liberté et l’ouverture, à partir du moment où tu parles de sexe, d’organes sexuels et même de poitrines, les gens se mettent à flipper. Je ne sais vraiment pas pourquoi, c’est très étrange! En Europe, il est fréquent de voir sur la plage des femmes sans haut de maillot de bain, c’est considéré comme une chose normale.

Y-a-t-il aussi une différence de public? Il y aurait plus de nudisme en Europe qu’aux Etats-Unis?

Aux Etats-Unis, la population nudiste est composée de beaucoup de retraités, des gens qui font partie de clubs ou participent à des croisières. Et ces croisières sont très chères, les gens doivent avoir pas mal d’argent pour se permettre ce luxe. Ce que j’ai vu en Europe était différent: des gens faisaient du camping, des familles partaient en vacances pour pratiquer ensemble le nudisme. Aux Etats-Unis, en revanche, j’ai rarement vu dans un camp de nudistes une vraie famille avec père, mère et des enfants. C’est vraiment inhabituel, alors que j’en ai vu en Europe. Mais, même chez vous, être nus met mal à l’aise les adolescents. Ici, aux Etats-Unis, c’est encore pire, tellement il y a de pression exercée sur les jeunes! Apparemment, dans certains endroits, ils ne prennent plus de douche au lycée parce que les gens ne veulent pas qu’ils soient nus. Donc ils ne prennent plus de douche après leurs cours de sport. En revanche, il existe un mouvement de jeunes nudistes aux Etats-Unis. Ils font beaucoup de camping, de drums circles (des assemblées de percussionnistes), dans des endroits où ils peuvent se sentir en sécurité. Oui, c’était réellement distinct et différent, c’est plus réservé aux personnes âgées ici ou avec des jeunes.

 

Est-ce que les nudistes sont considérés comme des rebelles aux Etats-Unis ?

Certains, oui. Je ne pense pas que les nudistes soient la préoccupation de beaucoup d’Américains, mais ceux qui vont sur les plages nudistes sont quand même vus comme des rebelles. Je ne veux pas employer le terme d’«activistes», mais l’Américain moyen, lui, le ferait sans doute. Parce que les nudistes qui vont dans des clubs, on ne sait pas vraiment ce qu’ils y font, n’est-ce pas? Avant, les gens essayaient de fermer les clubs nudistes parce qu’ils pensaient que des orgies y avaient lieu!

Vous dites que des nudistes américains ont essayé d’invoquer le 1eramendement de la constitution, celui de la liberté de la parole. Pour l’instant, la justice américaine a refusé de leur donner raison. Pensez-vous que les choses peuvent évoluer?

Je l’espère. Le nudisme n’est pas un discours en soi, mais c’est de l’expression. Il y a eu des cas à New York et ailleurs, des procès au sujet de femmes à qui on refusait le droit de ne pas porter de haut. Certains Etats ont affirmé que s’il y avait des endroits où les hommes avaient le droit de ne pas porter de chemise, ça devrait être pareil pour les femmes. Oui, les choses changent mais les Etats-Unis sont tellement immenses et étranges. Tu as des lois dans le sud, dans des Etats conservateurs qui sont complètement différentes de celles que tu peux trouver en Californie. Je ne sais pas si les choses peuvent évoluer au niveau fédéral et imiter l’Espagne, où tu peux être nu en public sans que ça soit illégal. Je ne vois pas ce genre de loi passer un jour aux Etats-Unis. Espérons déjà que se multiplient les plages réservées ou des parties de parc dévolues au nudisme, comme ça se fait à Berlin ou Paris, afin que des gens puissent apprécier le fait d’être en extérieur et nus.

 

Apparemment, pour Paris, l’ouverture d’un espace nudiste est reportée à 2018. La situation à San Francisco est surprenante: la nudité y est illégale depuis 2013 et c’est un maire libéral et gay qui a pris cette décision.

A San Francisco, c’est vraiment bizarre. Avant, on pouvait être nu n’importe où dans la ville, sauf dans les parcs. Le problème, c’est qu’un phénomène de gentrification a eu lieu dans le Castro, un quartier où vivent depuis 30-40 ans beaucoup de gays. Des familles sont arrivées, mais aussi des investisseurs immobiliers qui ont forcé pas mal de gens à quitter le quartier. Du coup, beaucoup de gays ont décidé qu’ils seraient constamment nus juste au coin de la rue. Ceci, afin de reprendre possession de leur quartier. Ils sont devenus assez agressifs, il y a eu beaucoup de plaintes. Les activistes ont utilisé le nudisme comme une arme pour remporter leur bataille, et ça s’est retourné contre eux. Même s’il est gay, Scott Wiene, le maire du 8e arrondissement, dont fait partie le Castro, a tout fait pour bannir le nudisme à San Francisco.

Beaucoup de la pression exercée contre les nudistes vient de l’argent, celui des agents immobiliers

Beaucoup de la pression exercée contre les nudistes vient de l’argent, celui des agents immobiliers. S’il y a une belle plage nudiste et que quelqu’un fait construire des appartements près de la plage, la police viendra foutre dehors les nudistes afin de tirer le plus d’argent possible des appartements. C’est pareil pour tout San Francisco, la ville a tellement changé ces 10 ou 20 dernières années, à cause de l’argent venu de la technologie. Tous les gens qui en vivent ne sont pas super intéressés par la culture gay, ils sont principalement intéressés… par l’argent. C’est dommage, parce que San Francisco est une ville tellement belle, ouverte et si groovy… enfin, elle ne l’est plus.

Dans votre livre, vous racontez qu’au Montana, on peut faire des années de prison si on est pris trois fois en train de nager nu. Comment est-ce possible?

Cela peut aller jusqu’à la prison à vie! Beaucoup d’Etats américains ont cette loi, la three strikes law. Si on est reconnu coupable trois fois de crime, on est considéré comme un criminel endurci et on peut être mis en prison pour le restant de ses jours. Au Montana, nager nu est considéré comme un crime, quelque chose comme «outrage public à la pudeur». Tu te baignes juste à poil mais ils interprètent ton comportement comme sexuellement déviant. Avant, on avait cette loi en Californie et un gars a été reconnu coupable de plusieurs larcins. Il a ensuite volé une pizza et été mis en prison pour le restant de sa vie parce que c’était la troisième fois qu’il se faisait prendre. Les législateurs ont réalisé que cette loi était ridicule. Mais ça fait toujours partie des lois du Montana et de quelques autres Etats.

Le nudisme est-il anticapitaliste?

Absolument. Pensez à toutes les industries concernées: la publicité, le marketing, les cosmétiques, l’industrie autour des régimes, du fitness. Il y a des milliards de dollars qui dépendent du fait que l’on va ou non acheter leurs produits et leurs services. C’est pour ça que ces industries veulent que nous nous sentions mal, elles veulent nous faire regretter notre apparence, l’image de notre corps. Comme ça, nous allons à la salle de sport, nous achetons du maquillage, des vêtements. Tout ça pour paraître bien. Au contraire des nudistes, ces industries veulent qu’on se sente mal dans notre peau et qu’on dépense notre argent.

Les nudistes partagent-ils une même philosophie?

Tous ceux à qui j’ai parlé semblent mener une expérience personnelle et avoir leurs propres raisons d’être nudiste. Mais je pense qu’au fond, la raison la plus simple c’est que l’on se sent bien quand on nage nu ou que l’on bronze au soleil sans vêtements. C’est agréable d’être entouré de personnes qui te laissent être nu et acceptent leur propre corps. Au départ, je pense que c’est une impulsion très hédoniste. C’est un plaisir simple qui ne coûte rien et c’est vraiment ça qui rassemble tous ces gens. Bien plus qu’une raison politique.

Dans votre livre, vous parlez aussi de l’anarchiste français Emile Armand qui prônait notamment «le nudisme révolutionnaire». Croyez-vous qu’il existe encore des nudistes anarchistes?

Je l’espère. Quelques-unes des personnes que j’ai croisées avaient ce genre d’état d’esprit. Particulièrement durant la randonnée que j’ai faite en Autriche, le Naked European Walking Tour. Certains m’ont tenu ce genre de propos: «Politiquement, nous devrions pouvoir faire ce que l’on veut tant que l’on ne blesse personne.» Ce que j’adore chez Armand, c’est le niveau auquel il a amené son discours, l’amour libre, l’anarchie, «produisons de l’art, couchons ensemble et vivons nus, aimons notre vie». J’ai été surpris qu’il ne soit pas plus connu, parce que ses écrits sont selon moi la meilleure chose que j’aie découverte durant mes recherches. C’est fantastique.

De l’autre côté du spectre politique, il existe une longue histoire de fascistes pratiquant le nudisme pour des fins politiques. Je ne sais pas si Hitler était nudiste mais le nudisme était énormément populaire en Allemagne. Dans les années 1930, on comptait 20 millions de nudistes en Allemagne. D’abord, Hitler a essayé d’interdire le nudisme, il devait penser que c’était immoral ou je ne sais quoi. Mais comme les Allemands aimaient vraiment le nudisme, il en a fait un élément de son national-socialisme. «Nous sommes la race pure, regardez nos magnifiques corps allemands nus». Il a réalisé la puissance que pouvait prendre le nudisme –il était très fort en matière de propagande. Il l’a transformé en un instrument racial. Parmi certaines choses qu’il a dites, des choses que j’ai trouvées dans des journaux berlinois, il y a «un camp nudiste est un bon endroit pour repérer un juif». Il disait aussi: «si une jeune femme allemande est en couple avec un homme, il faut qu’elle l’emmène dans un camp nudiste, juste pour être sûre qu’il n’est pas juif». Ils ont transformé le plaisir du nudisme en un élément raciste super effrayant.

 

Portrait d’Emile Armand

Pour des activistes comme Femen ou Fuck for Forest, le corps peut être une arme. Pour les nudistes, le corps est… juste un corps.

Oui, ça n’a rien à voir. Les Femen et les gens de Peta sont assez malins, voir quelqu’un nu reste toujours choquant pour beaucoup de gens. Si tu as un message politique et que tu veux être photographié(e) dans les journaux, envoyer une jeune femme poitrine nue paraît la bonne manière d’y arriver. Les nudistes, au contraire, essayent de sensibiliser les gens en disant: «mais non, un corps nu n’est pas choquant».

Excepté au Cap d’Agde où vous assistez de loin à des scènes chaudes, avez-vous eu l’impression que le nudisme était lié à la sexualité?

Non, pas vraiment. Evidemment, les humains sont des animaux sexués, il y a toujours dans l’esprit des gens –qui sait ce qu’ils pensent, hein?– des pensées autour du sexe mais rien qui ne soit apparent et se traduise de manière visible. Même au Cap d’Adge, c’était seulement la nuit que cette sexualité s’extériorisait. Etrangement, les échangistes et les libertins s’habillaient pour faire leur affaire. A part ça, non, le nudisme reste une activité non sexuée. Tu ne peux pas te comporter de manière explicitement sexuelle, il n’y a pas de drague par exemple. Tellement de gens ne comprennent pas ce que font réellement les nudistes, ceux-ci doivent avoir des convictions et des idées fortes afin que les autres ne les pensent pas déviants.

Après avoir participé au «Naked European Walking Tour», vous demandez d’ailleurs à une autre participante, Maria-Grazia, si des hommes ont essayé de flirter avec elle. Et elle répond par la négative.

S’il y a tentative de flirt, ça a dû être très gentil et innocent. Déjà parce que beaucoup de gens étaient mariés, avaient un copain ou une copine. Non, les gens n’étaient pas là pour le sexe ou pour trouver quelqu’un mais pour la randonnée et la camaraderie.

Faire une randonnée nu dans la montagne autrichienne, ça n’a rien de pénible?

Elle a a duré une semaine, dans les alpes autrichiennes, en dehors de Salzbourg. C’est un des plus beaux coins de la planète! Alors, oui, j’ai eu quelques cicatrices, surtout quand on a dû escalader des pierres et que j’ai glissé. Rien de terrible, je me serais fait les mêmes cicatrices si j’avais été habillé! Surtout, j’ai ressenti ce sentiment difficile à décrire. Tu es au grand air, le soleil est chaud mais pas brûlant, il peut y avoir de la neige sur le sol. Tu te sens simplement très bien, c’est ce que le poète américain Walt Whitman avait l’habitude d’appeler des «air baths», des bains d’air. Tu te sens régénéré. Et ça n’a rien à voir avec le sexe, ni avec le fait de ne pas porter de vêtements… c’est juste que cet air frais sur la peau est tellement agréable. C’est difficile à décrire, mais je recommande l’expérience.

Naked European Walking Tour

Selon vous, tout le monde devrait tenter le nudisme une fois dans sa vie.

Oui, tout le monde devrait aller une fois sur une plage nudiste parce que c’est vraiment plaisant. Nager dans l’eau sans un maillot de bain, et voir combien c’est agréable.

Le nudisme pourrait-il changer le monde?

Si les gens commençaient par accepter leur corps, essayaient de trouver le bonheur par eux-mêmes plutôt que d’obéir à une culture qui leur dit combien ils sont pathétiques parce qu’ils n’ont pas l’apparence requise ou les richesses nécessaires, si les gens arrêtaient de se déprécier, je pense que nous serions des êtres bien plus calmes et agréables à vivre. Oui, je pense que le nudisme pourrait de cette manière aider l’humanité. Accepter son corps et être heureux en étant soi-même est une chose si importante. Particulièrement pour les jeunes femmes qui souffrent de problèmes d’anorexie ou les hommes qui se rasent tous les poils parce qu’ils pensent devoir ressembler à des stars du porno. Il y a dans nos sociétés une espèce d’image médiatique de ce à quoi notre corps doit ressembler. C’est réellement malsain parce que tous ceux qui sont pris en exemples, les acteurs et ces mannequins, travaillent leur corps parce que c’est justement leur boulot. Ce n’est pas notre cas, nous, les personnes normales. La réflexion qu’on doit mener c’est: qu’est-ce qui rend un corps sain, qu’est-ce qui nous rend heureux? Les nudistes s’acceptent comme ils sont, avec leurs défauts. C’est vraiment une bonne première étape pour améliorer sa santé mentale.

Est-ce que cette expérience vous a changé?

Je pense, oui. Je n’avais pas réalisé combien de complexes je nourrissais concernant mon propre corps jusqu’à ce que je me mette nu devant des inconnus. Toute cette acceptation de son corps dont je parle, j’ai dû en accepter le processus. Je ne ressemble pas à Cristiano Ronaldo ou quelqu’un de ce genre. Mais à un moment, tu réalises: «je suis en bonne santé, je me sens bien, je ne vais jamais ressembler à Cristiano Ronaldo et je me sentirai mieux en l’acceptant». Ça m’a pris du temps mais j’ai réalisé l’importance de ce processus. Et puis les nudistes sont très tolérants, ils t’acceptent sans problème. Personne ne se moque de toi, tout le monde est très bienveillant. Donc oui, réaliser cette enquête m’a aidé de plein de manières différentes. Ça m’a vraiment ouvert l’esprit et j’ai appris aussi des choses à mon sujet.

Pratiquez-vous encore le nudisme?

Si je vais à la plage ou dans une piscine privée et que je peux me mettre nu, je le ferai, sans problème. Quand tu sors de l’eau avec ton maillot de bain qui te colle à la peau, large et humide, c’est vraiment désagréable. Alors que si tu sors de l’eau nu, tu te sèches rapidement et c’est vraiment agréable. Je ne suis pas un nudiste mais un vrai partisan de la baignade nue.

Avez-vous déjà une autre idée d’enquête?

J’ai pensé diriger un taco truck. Je ne veux pas intégrer un gang de motards ou de plushies (des fétichistes des peluches). Je n’ai pas besoin de me déguiser en créature et me faire sodomiser. Ma femme n’apprécierait pas.

Au pays des nudistes

Mark Haskell Smith

Editions Paulsen, 22 euros

Site de l’éditeur

août 17th, 2017

Posted In: Liberté, Naturisme en liberté, Rando-nue, Sport

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