Coeur naturiste

Naturisme – Ecologie – Actu des calanques + Divers

La Provence du 22 avril 2016 répercute (en la soutenant) la montée au créneau de madame le Maire de Cassis contre la vidéo tournée sur l’exutoire municipal de l’anse de Corton, et contre la communication sur les rejets d’Alteo.

Concernant la pollution municipale  à Corton, on peut, me semble-t-il, faire davantage confiance à notre ami Gérard RIVOIRE qui, lui, la constate.


Danielle Milon s’insurge contre une vidéo qui a fait le buzz sur internet et reprise par de nombreux médias nationaux à la veille de la saison touristique, montrant des rejets troubles en mer.

C’est dans l’anse de Corton que se situe l’émissaire de rejet de la station d’épuration de Cassis, et où les images de la vidéo amateur ont été tournées par la petite association d’apnéistes Nox Diving. dr

Propos choc, musique inquiétante, mise en scène à suspense… Une vidéo a circulé ces derniers jours sur internet tirant à boulets rouges sur la Ville de Cassis et sa gestion des eaux usées. Elle est l’oeuvre des membres d’une petite association d’apnéistes, Nox Diving, qui prétend ici « lever le voile sur un rejet suspect dans le Parc National des Calanques ».

Ce rejet n’est autre que l’exutoire de la station d’épuration de la ville de Cassis se déversant dans l’anse de Corton depuis… 1973. Malgré des incohérences flagrantes et une volonté affichée de faire dans le sensationnel, la vidéo a fait le buzz sur la toile, et a même été reprise dans la foulée par plusieurs médias nationaux.

Face à cette salve qui vient ternir l’image de sa commune à la veille de la saison touristique, Danielle Milon, maire de Cassis, ne s’est pas contentée d’un tweet assassin à l’endroit des auteurs de ladite vidéo. Elle a organisé hier une conférence de presse en mairie, à l’issue d’une réunion « qui devait se tenir de longue date » a-t-elle précisé, avec l’ensemble des acteurs qui oeuvrent tout au long de l’année à la qualité des eaux de baignade à Cassis.

« J’ai fait réaliser par un drone un petit film au-dessus du Corton, et de l’émissaire de la station d’épuration, pour bien montrer qu’il n’en sort pas une eau noirâtre ou verdâtre qui sent mauvais même à travers le masque du plongeur », souligne-t-elle, brandissant un bocal, rempli d’une eau en effet transparente, « prélevée, dit-elle, le 13 avril dernier à la sortie de cet émissaire ».

Une qualité de l’eau surveillée

Jean-Yves Guivarch, directeur du service Eau, assainissement et pluvial de l’ex-communauté urbaine de Marseille (maître d’ouvrage de la station d’épuration), dont fait partie Cassis, apporte quant à lui l’éclairage technique : « Les stations d’épuration du littoral ont toutes été mises aux normes par MPM entre 2003 et 2008, moyennant un investissement de 220 M€, explique-t-il, et elles utilisent aujourd’hui un procédé biologique. De plus, la station de Cassis est surdimensionnée, même l’été avec l’afflux touristique, et les bilans de mesure sur trois ans indiquent que 97 à 98 % de pollution sont retenus par la station, qui produit 200 tonnes de boues par an. C’est une station très performante qui va bien au-delà des normes imposées. »

Comment expliquer, dans ce cas, les images de la vidéo, qui montrent une eau très troublée avec de nombreux éléments en suspension ? « La seule explication technique, répond Jean-Yves Guivarch, c’est que le plongeur s’est introduit dans la canalisation par un des trous de répartition – ce qui est d’ailleurs formellement interdit, Ndlr -, et a remis en suspension des éléments qui se développent dans l’émissaire par ses mouvements. » Car les techniciens sont formels : même en cas d’incident sur la station – ce qui est exclu car le délégataire est tenu d’en avertir le maire dans les deux heures -, l’eau serait plus trouble, plus foncée, mais il est impossible que des rejets solides s’échappent de l’émissaire.

« D’ailleurs, conclut Danielle Milon, poissons et posidonies sont nombreux au Corton. Depuis 2008, nous faisons un travail énorme, toute l’année, pour la qualité des eaux de baignade – analyses de l’ARS, prélèvement d’auto-surveillance par un prestataire, surveillance de l’association Surfrider Foundation – et nous avons d’ailleurs reconquis le pavillon bleu depuis 2009. Cassis est un territoire exceptionnel, et nous nous employons à le préserver. »

 

Rejets d’Altéo : la double peine

L’importante communication, depuis quelques mois, autour de la question des rejets en mer de l’usine Alteo à Cassis entame elle aussi l’image de la petite station balnéaire, qui a eu, par exemple, à déplorer ces dernières semaines des annulations de classes de mer, au motif que les organisateurs craignaient pour la santé de ces enfants qui devaient venir de l’autre bout de la France profiter des eaux bleues et du soleil… Colère, là encore, du premier magistrat : « Je me bats depuis 50 ans contre les rejets de boues rouges, raconte Danielle Milon, et on pointe Cassis du doigt parce qu’en tant que membre du conseil d’administration du Parc des Calanques, je n’ai pas signé la pétition lancée par certains qui récupèrent aujourd’hui le travail des autres ! Je sais aussi qu’il y a 900 emplois à la clef, et que je n’aimerais pas être à la place du décideur. Aujourd’hui, la vérité, c’est que grâce au Parc on a éliminé 99,5 % de la pollution. Bien sûr ça ne suffit pas, mais c’est déjà ça. »

Frédérique Gros

 

mai 9th, 2016

Posted In: Ecologie, Parc National des Calanques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

css.php