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Marseille: Le mérou, le protégé des Calanques

ENVIRONNEMENT Le dernier comptage s’est déroulé le 20 septembre…

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Le mérou, qui avait quasiment disparu dans les années 80, réapparaît dans les eaux azuréennes.

En 2003, il y en avait un seul. Douze ans après, le mérou a repeuplé les fonds marins du parc national des Calanques. Selon le dernier comptage qui s’est déroulé samedi et dimanche, 127 mérous ont été comptabilisés par les plongeurs volontaires sur 16 sites entre l’archipel du Frioul et l’île Verte, avec 24 corbs et 67 grandes nacres. L’an dernier, les conditions météorologiques plus favorables avaient permis d’explorer 34 sites et de compter 177 mérous, et 17 corbs et 148 grandes nacres.

« Ce comptage est l’occasion de faire de la science participative et de fédérer les passionnés de la mer, indique Benjamin Durand, le directeur adjoint du Parc national des Calanques. La tendance est intéressante et les signaux favorables ».

« Lorsque le mérou va tout va »

« Lorsque le mérou va tout va, souligne Eric Charbonnel, le responsable scientifique duparc marin de la côte bleue, référent pour l’opération de comptage. C’est une espèce au sommet de la chaîne alimentaire, un top prédateur, donc ça veut dire que tout ce qui est en dessous de lui va bien : c’est un bon indicateur de la qualité de l’environnement ».

Deux moratoires interdisent la pêche du corb et des mérous. « On s’attend à une montée en puissance de la population de mérous dans les prochaines années car dans le parc des Calanques, il y a beaucoup d’habitats favorables, comme des éboulis rocheux par exemple », estime Eric Charbonnel. La population de mérous « paraît néanmoins faible au regard du très fort potentiel en habitats favorables, surtout quand on la compare aux données en provenance du Parc national de Port-Cros », souligne le Parc national des Calanques dans un communiqué. Port Cros a été créé en 1963, et dispose ainsi depuis plusieurs années de zones protégées.

Mais le mérou est encore pêché malgré le moratoire. « Ce poisson est placide et indolent, en quelque sorte victime de sa curiosité » face à un braconnier, estime le scientifique. Au parc national des calanques, on l’admet : « Nous allons étoffer nos équipes pour faire respecter les réglementations existantes sur le non-braconnage ». Car le mérou peut vivre jusqu’à 63 ans environ. « S’il est alors pêché, raconte Eric Charbonnel, il faut attendre environ 60 ans pour qu’un mérou de la même taille revienne au même endroit ».

novembre 15th, 2015

Posted In: Ecologie, Faune, Parc National des Calanques

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