Interview de Danielle Milon extraite de : http://www.laprovence.com/article/actualites/3502226/cassis-le-parc-des-calanques-doit-avancer.html
Le difficile dossier des boues rouges
À l’occasion du conseil d’administration, le préfet de Région a fait un point sur la situation concernant le rejet des boues rouges dans la fosse de Cassidaigne par l’usine Alteo de Gardanne. Une enquête publique sur ce sujet démarre en effet le 16 août prochain, jusqu’à fin septembre, au terme de laquelle sera rendu l’avis décisionnel de la ministre de l’écologie.
Un dossier sur lequel Danielle Milon se veut prudente : « Je ne vois pas quel élément essentiel va lui permettre de prendre la décision d’arrêter les rejets… Bien sûr, il y a une étude en cours sur la chair des poissons de cette zone, qui va être un plus, mais dans la balance, il y a 900 emplois. Je serai évidemment très contente si elle décide d’arrêter les rejets, je me suis toujours battue dans ce sens, mais sa position est très compliquée. »
Difficile, aussi, de faire oublier le vote du conseil d’administration du Parc, en septembre 2014, majoritairement favorable à la poursuite des rejets en mer par Altéo : « Le conseil d’administration n’avait donné là qu’un avis consultatif, tempère la maire de Cassis, et avait ferraillé avec l’industriel pour lui imposer de nombreuses contraintes, en termes de temps, de forme et d’intensité : on a pu imposer d’en reparler dans 5 ans, et non 15, et qu’il y ait un suivi permanent, mais pas par des gens payés par l’industriel… C’est aussi grâce au Parc que la nécessité de l’arrêt des rejets a été inscrit dans le marbre. »
Voici une analyse personnelle de cette intervention de Md Danielle Milon : Opposer l’enjeu des emplois à la pollution marine est un non sens. D’abord, parce que l’entreprise Altéo a d’autres moyens de traiter ces résidus de traitement de la bauxite et surtout parce que ces moyens, qui seraient plus respectueux de l’environnement, seraient également créateurs d’emplois. Le conseil d’administration, en donnant cet avis consultatif, a failli à sa tâche de protéger le cœur marin du Parc National des Calanques. Affirmer qu’il suffirait d’imposer de nombreuses contraintes à Altéo n’est pas une garantie quand on connait toutes les malversations qu’a commises par le passé l’entreprise de Gardanne.
L’agence de sécurité sanitaire a invalidé les analyses de l’industriel. Olivier Dubuquoy, géographe à l’université de Toulon a déclaré « « Dans le rapport de l’agence nationale de sécurité sanitaire, on se rend compte que concernant l’arsenic, le plomb et le mercure, la contamination des poissons et l’exposition alimentaire pour les citoyens est 10 à 1 000 fois supérieur que celle rendue par l’industriel ». Le rapport évoque aussi le risque présent en ingérant l’eau polluée par les boues rouges en nageant.
Comment en sachant cela, pourrait-on autoriser le prolongement de ces rejets ?