Extrait du livre « nu, simplement » de Michel Vaïs
Comme le rappelle si justement Marc Alain Déscamps, les mots le disent : habit et habitude sont de la même famille (c’est par habitude que l’on s’habille), comme costume et coutume, la tenue est ce qui nous « tient » en société en nous collant au corps et les vêtements sont la façon dont cette société nous « investit ». Bref, le vêtement a vu son rôle protecteur largement remplacé par ses autres fonctions, car lorsque l’environnement n’est pas hostile, on n’a pas besoin de se protéger – de quoi le maillot de bain protège-t-il ? C’est plutôt devenu un masque qui permet « d’accommoder » la nature, de tricher un peu avec notre anatomie, bref, de dissimuler quelques mensonges et même de se mentir à soi-même. Mais il y a des moments, en période de détente et de loisir, ou l’on désire laisser tomber tous ces signes extérieurs de nos fonctions sociales, de notre statut, de nos responsabilités quotidiennes, laisser tomber le masque et cesser de jouer le jeu du paraître et de la mode. C’est alors que l’on se rend compte que certains vêtements peuvent devenir des carcans. Aux habits trop serrés – comme l’est souvent le maillot de bain -, beaucoup de naturistes préfèrent des tenues amples qui donnent l’impression d’être véritablement « nu sous ses vêtements »…..C’est un besoin d’air, le corps se plaint quand il manque de liberté.
