Elles sont nues et n'ont "rien à cacher" : l'affiche de campagne du Parti des femmes pour les élections du 21 octobre devait retenir l'attention dans un pays profondément catholique. C'est chose faite.
Pour ne pas choquer, les sept femmes, parmi lesquelles la présidente du parti, l'écrivain Manuela Gretkowska, ont camouflé leurs parties intimes derrière une pancarte "Le Parti des femmes. La Pologne est
une femme", qui s'ajoute au slogan "Tout pour l'avenir et rien à cacher".
Apparu sur la scène politique polonaise début 2007, le Parti des femmes a beau être une formation marginale, il est crédité de 2 % à 3 % des intentions de vote dans certains sondages.
La lisibilité de la formation reste pourtant limitée. L'affiche n'a pas été placardée dans les rues, mais uniquement diffusée sur Internet et dans les médias. "Ça marche", veut croire Mme Gretkowska.
Depuis sa création, le parti aurait attiré 1 500 membres. En lice dans sept régions dont celle de Varsovie, il a l'ambition d'obtenir un député à la Diète, la chambre basse du Parlement, lors des élections. Dépourvu de réel programme politique, le parti s'est fixé pour priorité de multiplier les crèches et les écoles maternelles. Il entend par-dessus tout donner la voix auxfemmes qui ont été "sacrifiées dans la loi anti-avortement", souligne sa présidente.
Qu'en pense la nouvelle conseillère aux affaires des femmes auprès du président conservateur Lech Kaczynski ? Nommée en septembre, l'incisive Nelly Rokita se revendique catholique conservatrice, attachée aux valeurs sociales et franchement opposée à l'avortement.
Elle estime qu'"en politique, on n'a pas besoin de féminisme radical". Et si Mme Gretkowska est une femme très sympathique, "son mouvement, c'est de la pornographie politique", tranche-t-elle.