Des étudiants de Nantes manifestent nus contre le sida

Samedi 1er novembre, c'est la journée mondiale de lutte contre le sida.

Pour sensibiliser, la corpo nantaise des étudiants en médecine a réalisé un calendrier de nus artistiques. 25 étudiants ont posé.

Une baisse de vigilance

« L'an dernier, une étude de l'Union nationale des mutuelles de santé étudiante a montré qu'il y avait une baisse de vigilance en matière de protection du sida. Si le préservatif est utilisé dans 90% des premiers rapports, 68% seulement conservent ce réflexe par la suite. Il y a aussi une baisse de vigilance en matière de dépistage, rappelle Marion Luttun, 19 ans, en 3e année à la fac de médecine.
On a pensé intéressant, en tant que futurs médecins, de faire de la prévention. »

D'où l'idée, lancée en mai dernier, de réaliser un calendrier de nus photographiques.
Pourquoi des nus ? « Quand on parle de **sida**, on parle de sexualité, commente Marion. Donc, la nudité a un sens. On voulait aussi mettre l'être humain dans sa forme la plus simple, au naturel. C'était l'idée de se mettre à nu, dans les deux sens du terme. »

Un mois, une photo, une phrase

Dès mai dernier, une petite équipe s'est constituée pour lancer le projet. Au total, une trentaine d'étudiants se sont lancés dans l'aventure. Et 25 d'entre eux ont posé pour le calendrier. Pas toujours évident d'oser, au début. Mais Mélanie Hsibe, 21 ans, elle aussi en 3e année de médecine, et passionnée de photo, a su mettre ses modèles à l'aise. Même si pour elle aussi, le nu était une première. « On a cherché à faire vraiment quelque chose d'artistique », dit-elle.

À chaque mois de l'année, correspond une photo. Une personne ou des couples. Photographiés dans les lieux nantais : passage Pommeraye, fontaine de la place Royale, île de Versailles… Et à chaque page aussi, une phrase pour dire la tolérance, la non-discrimination ou la vigilance. Des exemples ? « Ne croyez pas que le couple vous protège » ou encore « le sida s'attrape en une nuit, mais se combat toute une vie. »

Remarques homophobes

Chaque photo a nécessité au minimum une heure. Le temps d'installer la logistique, de trouver la bonne pose… Il a fallu aussi, pour les modèles, vaincre la pudeur. « J'avais un peu d'appréhension, avoue Marine Prilleux, 20 ans, en 2eannée. Mais l'objectif, c'était aussi de dépasser mes complexes pour une bonne action. »
La photo la plus difficile ? Celle un couple d'hommes s'embrassant passage Pommeraye. « Pendant la prise, ils ont subi plein de remarques homophobes de la part de passants. Ça a été une expérience difficile pour eux. »

1 000 exemplaires

Les étudiants ont tout fait de A à Z. Recherche de financements, de points de vente… « Un pari, disent-ils ». Coût de leur projet : 2 300 € (dont 2200 € pour l'impression de 1 000 exemplaires du calendrier).

Reste à présent à vendre le calendrier. On le trouvera dans quelques cafés (le Chat noir, le Vestiaire, le Webb Ellis, la Scierie) mais aussi au Lieu Unique et au tabac-presse Duguay-Trouin. Et ce samedi, les étudiants seront place du Change, aux côtés du comité de lutte contre le sida. Prix du calendrier : 8 € (5 € pour les étudiants). Tout l'argent récolté sera reversé à Aides. « Il faut vraiment faire avancer la recherche, insiste Marine. Et se rendre compte que le sidaest encore présent. »

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