Le parc national – les efforts à consentir

http://www.marsactu.fr/2010/06/21/parc-national-des-calanques-pourquoi-il-faut-sauver-le-soldat-teissier/

Le Parc National des Calanques, c’est un vrai beau projet pour Marseille.
Et pourtant si mal aimé.
Jean-Pierre Giran, la Président des Parcs Nationaux de France "c’est un label international, reconnu partout dans le monde"


Au-delà d'une reconnaissance internationale, c’est aussi et surtout le moyen de protéger le patrimoine exceptionnel de nos calanques, et la faune et la flore qui y vivent.

Donner la chance à nos enfants de revoir un jour des aigles de Bonelli, cet aigle méditerranéen qui a quasiment disparu, planer au-dessus de leurs têtes dans les calanques marseillaise, ça vaut bien de demander aux héritiers de Gaston Rebuffat, de laisser 2 où 3 falaises tranquilles.

Et pour ceux qui ont aussi pu mettre un masque et un tuba et plonger à Port-Cros, et avoir la sensation de se baigner dans un aquarium, entouré d’énormes sars, de très grosses daurades royales, si proches qu’on peut presque les toucher, on se dit aussi que ça vaut le coup de laisser 2 où 3 réserves interdites à la pëche et à la chasse sous-marine. Et puis, tout le monde sait, et les pêcheurs les premiers, que ces réserves sont bonnes pour la pêche, les poissons autour sont plus gros et plus nombreux. Toujours à Scandola, depuis la création de la réserve, les poissons pêchés alentour par les pêcheurs professionnels sont 2 fois plus nombreux et 4 fois plus gros.

Et quant les scientifiques nous alertent sur les 75% des herbiers de posidonie, le poumon de la méditerranée, qui sont aujourd’hui en mauvais état, et qu’il faut un siècle pour qu’ils poussent de 1 mètre et 10 secondes à l’ancre d’un bateau pour les arracher, on se dit aussi que les plaisanciers peuvent également accepter quelques petites contraintes, comme ne pas mouiller n’importe ou. Comme le disait Albert Falco, « il faut ce parc pour que nos enfants n’aient pas honte de nous ».

Et puis un Parc National c’est aussi mettre les projecteurs sur cet égout à ciel ouvert, dans la calanque de Cortiou, qui malgré la nouvelle station d’épuration, reçoit toujours les eaux usées de Marseille et des 17 communes de MPM. Des eaux certes traitées, mieux qu’avant, mais pas encore suffisamment , pour ne pas impacter un environnement marin si fragile. Le parc va appuyer aussi là-aussi où ça fait mal : les rejets de boues rouges à Cassis, où la décharge de La Ciotat, même si ces deux verrues écologiques ne seront pas dans la zone dite du « Coeur du parc », on ne pourra plus les cacher, on pourra peut-être alors agir.

Et puis, l’autre grande peur ce sont les touristes. Mais comme le rappelaient également les conférenciers jeudi dernier, il y a déjà près de 2 millions de personnes qui chaque année se baladent dans les calanques, et avec 2013, les fameux croisièristes, l’aéroport Low Cost, etc…
ce chiffre va forcément exploser dans les années à venir. Parc National ou pas Parc National. Des touristes à qui aujourd’hui on laisse faire à peu près n’importe quoi. On a tous assisté, un peu effrayé à ces bateaux promène – touristes qui s’enfoncent de plus en plus loin dans les calanques de Sormiou ou de Morgiou, à toute vitesse, au milieu des nageurs. Sans parler des haut-parleurs, qui hurlent des commentaires avec un niveau sonore digne des vuvuzelas sud-africaines. Au moins, le Parc, grâce aux moyens humains et financiers dont il disposera, va aider à gérer cet afflux touristique et imposer et faire respecter quelques règles . Ne pas débarquer les touristes à terre, aider les bâteliers à s’équiper de moteurs hybrides, par exemple.

Mais tout ça n’est rien à côté de la grande crainte des politiques locaux. Parlementaires, Maires …. la vraie trouille c’est la perte de leur pouvoir d’élus locaux au profit du futur Directeur du Parc.

Certains politiques lui prêtent déjà des pouvoirs quasi-surnaturels. On nous explique qu’il pourra reigner en véritable despote, à la tête d’une armée de 40 gardes lui obéissant au doigt et à l’oeil. Pour faire appliquer dans la terreur des règlements stupides et ineptes et « décidés depuis Paris », forcément. Et, Jean-Claude Gaudin le premier est à la tête de cette fronde. « Et si demain je veux inviter à diner le Président de la République, comme je l’avais fait avec Jacques Chirac à la Grotte à Callelongue, il faudra peut-être que je demande un ausweis au Directeur du Parc ? Je deviens quoi, moi ? la Reine d’Angleterre ? » Tous les journalistes qui ont interrogé le Maire de Marseille ont entendu l’anecdote. Comme d’habitude avec Gaudin, ça ressemble à du Fernandel, mais on sent que sur le fond il ne lâchera rien.

Gaudin sait pourtant très bien que c’est le Conseil d’Administration du Parc qui en réalité aura le pouvoir, pas son Directeur. Il le sait d’autant mieux qu’il a été, en tant que Premier Vice-Président du Sénat à l’époque, très actif pour faire voter la loi de « décentralisation » de 2006 sur la réforme des Parcs Nationaux. Pour éviter comme par le passé d’avoir effectivement une gestion des Parcs trop jacobine, les Conseils d’Administrations sont aujourd’hui majoritairement composés d’élus et de personnalités locaux. Et d’autre part c’est ce même conseil, qui propose une liste de 3 noms au Ministre de l’Environement pour désigner le Directeur du Parc. On est donc très loin de la caricature d’un Directeur omnipotent, ne rendant des comptes à personne, et totalement déconnecté de la réalité locale, n’étant obsédé que par la volonté de raser les cabanons et d’interdire les calanques aux marseillais. Mais Teissier a beau crier sous tous les toits des cabanoniers cette vérité, rien n’y fait.
» Oh, c’est clair, je ne sais plus comment le dire ! » s’exclamait t-il encore jeudi dernier pendant sa conférence de presse.
Gaudin a déjà réussit a sortir le village des Goudes du « Coeur du Parc », pour le mettre en « zone d’adhésion ». Le vrai Parc, très réglementé, c’est « le Coeur du Parc », pas la zone d’adhésion. Géographiquement, la zone d’adhésion entoure le Coeur du Parc, elle bénéficie de son image, mais n’a absolument pas les mêmes intérêts en terme de protection de l’environnement notamment.

Il reste encore quelques mois, avant le tracé définitif, à Gaudin et aux autres Maires, comme celle de Cassis, par exemple, qui a réussit aussi à faire sortir la Calanque de Port-Miou du Coeur du Parc, pour bien torpiller le projet de Teissier. Un Teissier, qui semblait jeudi dernier assez combatif mais réaliste, et qui philosophait, en conclusion de sa présentation » j’espère que sur ce projet, comme sur d’autres, Marseille n’aura pas le destin du gardien de phare, beaucoup d’horizon devant lui, mais peu d’avenir… ».



Cet article a 2 commentaires

  1. anonymous

    Dominique Vasseur writes:Beaucoup de bonnes volontés mais aussi beaucoup trop d'égocentrisme aux dépens de cet endroit magique qu'il faut protéger pour nous et pour elles, les futures générations !

  2. progmarseilleman

    Tout à fait d'accord. Il y a beaucoup d'enjeux économiques, de mauvaises fois et la mentalité Marseillaise n'arrange rien…..:left:

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