Qu'est-ce qu'un Parc national ?
Un parc national est un outil mis à disposition des élus, habitants et usagers pour un développement raisonné autour d’un projet de territoire basé sur la protection d’espaces naturels exceptionnels (les "coeurs"). L’objectif premier étant la conservation, pour les générations futures, des identités naturelles, paysagères et culturelles des territoires choisis pour leur caractère exceptionnel. La création du Parc National des Calanques figure ainsi au titre des engagements nationaux du Grenelle de l’Environnement. Les compétences du futur établissement public et le processus de création sont clairement définis par le code de l’environnement. Dans ce cadre et poursuivant un objectif d’excellence, une grande partie du projet doit être "co-construit" via un long processus d’études, de concertations, de consultations locales et d’une enquête publique devant déboucher sur une charte. Cette démarche a démarré par la création du GIP en 1999 et devrait s’achever d’ici 2011. L’avant-projet de création, en ligne sur www.gipcalanques.fr, a été approuvé à l’unanimité de l’assemblée générale du GIP fin 2008 et a été « pris en considération » par l’Etat le 30 avril 2009.Ce dossier de candidature auprès de l’Etat apporte de nombreuses éclairages sur les grands principes des parcs nationaux et sur les enjeux locaux. Il fait également quelques propositions mais il reste bien entendu un certain nombre de points à préciser quant aux modalités de fonctionnement du parc. Ils émergeront de la concertation en cours. Outre la possibilité qui vous est offerte de vous référer à cet avant-projet, vous trouverez ci-dessous un certains nombre de réponses à des questions que vous pouvez vous poser.
Pourquoi un Parc national plutôt qu'une Réserve naturelle, un Parc naturel régional ou le statu quo ?
Chacun s’accorde à reconnaître à la fois le caractère exceptionnel des espaces terrestres et marins qui entourent nos villes et villages et leur fragilité, et parfois leur dégradation. Pour que les générations actuelles et futures puissent toujours en profiter, il convient d’agir dès maintenant. Un Parc national a pour mission de protéger les paysages, la biodiversité et le patrimoine culturel tout en soutenant des activités économiques respectueuses de l’environnement, qu’elles soient traditionnelles ou innovantes. La création du Parc National des Calanques répond au constat partagé du manque d’un outil de protection et de coordination global à l’échelle d’un territoire suffisamment cohérent pour que cette protection ait un sens (et ainsi éviter, entre autre, les reports de fréquentation incontrôlés). Il s’agira pour le Parc national de faire des espaces proposés en coeur des sites privilégiés de reconnaissance universelle de nos richesses et de notre identité provençale. Une Réserve naturelle s’applique généralement à des sites où l’homme intervient peu, leurs moyens sont généralement faibles. Un Parc naturel régional est adapté à des territoires à caractère rural et n’a pas pour mission première la protection des milieux, même si c’est une composante forte de son action. Le Parc national apporte une véritable protection juridique de la nature et garantit des moyens humains et financiers supérieurs.
Les périmètres du futur Parc national sont-ils déjà définis ? Qui les fixe ?
Non. Pour les espaces "coeur", un premier projet de périmètre a été transmis à l’Etat qui l’a pris en considération par arrêté du 1er Ministre du 30 avril 2009 (JORF du 5 mai). Ce périmètre global concerne cinq communes : Marseille, Cassis, La Ciotat, Ceyreste et Roquefort-la-Bédoule. Il repose globalement sur les sites déjà classé "Natura 2000", ce qui leur confère une certaine cohérence d’un point de vu patrimonial. L’ensemble des acteurs représentatifs de ce périmètre : les collectivités mais également les autres institutions, les socio-professionnels, les habitants, les usagers, …), vont maintenant discuter pour affiner ces délimitations au cours de concertation techniques, dans le but de concilier les objectifs de chacun. L’Etat validera les nouvelles propositions fin 2010 après une large consultation locale et une enquête publique. Pour la délimitation du périmètre optimal (qui englobe l’aire d’adhésion potentielle) au sein duquel les communes pourront librement adhérer, des propositions seront faites à l’issue de la concertation en cours. Ce périmètre sera fixé, comme le reste, dans le décret de création du parc national fin 2010.
Le "label" Parc national ne va-t-il pas attirer encore plus de visiteurs dans des sites déjà sur-fréquentés ?
Un parc national est "label" reconnu internationalement : c’est sans conteste un gage d’attractivité supplémentaire pour les territoires concernés et à ce titre, on ne peut que se réjouir des retombées économiques qu’ils peuvent en retirer. Cependant, c’est également un facteur d’exigence et d’exemplarité pour qu’en aucune façon les espaces du parc et leurs habitants ne pâtissent de cette attractivité : c’est là tout le défi que devra remporter le futur établissement et ses partenaires. Les modalités de gestion du territoire devront être à la hauteur de cet enjeu. Ce sera là le fondement des missions du futur établissement qui devra à la fois s’inspirer de près de cinquante années d’expériences des parcs français et inventer de nouvelles méthodes de gestion adaptées aux "parcs nationaux de nouvelle génération" périurbains.
Lorsque le Parc national sera créé, pourrais-je continuer à accéder aux territoires concernés ?
Oui. Le Parc national sera un espace ouvert au public et aura parmi ses missions l’accueil, la sensibilisation et l’éducation au fonctionnement des écosystèmes de son territoire. "La nature en partage" est d’ailleurs la devise des parcs nationaux français. Elle traduit une volonté de faire découvrir les espaces les plus emblématiques de notre pays, tout en les protégeant d’éventuelles dégradations. Ainsi, l’accès pourra être régulé dans certains secteurs particuliers ("mise en défens" à terre comme c’est parfois déjà le cas, zones de réserve de pêche et de chasse, par exemple) pour que les activités humaines puissent mieux respecter les équilibres écologiques ou si les risques (incendies, …) liés aux milieux naturels ne le permettent pas (c’est déjà le cas en été) ou pour laisser aux milieux le temps de se restaurer (re-végétalisation…).
Y-aura t-il des interdictions dans le parc ? Lesquelles ?
En coeur de parc, certains usages sont interdits par la loi : les activités industrielles, les activités minières, la construction de lignes électriques ou téléphoniques aériennes nouvelles, la publicité, le dépôt de déchets, l’usage du feu (sauf dans les lieux prévus à cet effet). La loi offre également la possibilité de mettre en place en coeur une réglementation spéciale pour toutes les activités qui ont un impact jugé négatif sur la biodiversité, le patrimoine culturel et les paysages : les travaux, avec des modalités variables selon les types de travaux, les atteintes aux espèces protégées, l’introduction d’espèces exotiques. Enfin, certaines activités pourront être mieux organisées : les prises de vue et de son à but lucratif, la circulation et le stationnement dans des zones non prévues à cet effet, la chasse et la pêche, les atteintes au patrimoine naturel et géologique, les pollutions sonores et lumineuses. Le décret de création du parc se limitera à fixer un cadre, à l’intérieur duquel les chartes successives préciseront les règles. Beaucoup de règles sont déjà applicables sur les sites concernés : dans les "sites classés" pour ce qui relève des travaux ou constructions. La création du parc ne changera pas ce statut. Le droit commun français est déjà très riche en terme de réglementations applicables aux espaces naturels, la réglementation du parc s’y ajoutera qu’en cas de nécessité avérée, à l’issue des concertations en cours. Ainsi ces débats permettront de préciser comment mieux s’organiser lorsqu’il s’avère que certains usages mettent en péril l’identité provençale des lieux ainsi que le patrimoine.
Quelles activités sportives pourra-t-on encore pratiquer ?
Tous les usages "doux" type randonnées pédestre, équestre, cyclisme, l’escalade, etc. ont vocation à être maintenus, voire favorisés, ou simplement mieux organisés dans le temps et l’espace. Le conseil d’administration du futur Parc national devra cependant veiller à ce que les équilibres naturels ne soient pas perturbés ; certains sites ou certaines périodes devront donc être privilégiés en fonction des objectifs de protections. Certains aménagements (sentiers, accès, signalétique…) pourront être améliorés en liaison avec les gestionnaires publics (communes, département, ONF, etc.).
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Plus de questions/réponses sur le site du GIP :
http://www.gipcalanques.fr/demain_un_parc_national_pour_proteger/questions_reponses