Coeur naturiste

Naturisme – Ecologie – Actu des calanques + Divers

Kaspar, le nu et le sous-titrage

le 03.11.13 | 10h00
| © El Watan
http://www.elwatan.com/culture/kaspar-le-nu-et-le-sous-titrage-03-11-2013-233651_113.php

Les Allemands de la compagnie Theatre an der ruhr, dont le pays est l'invité d'honneur de la cinquième édition du Festival international du théâtre de Béjaïa (FITB), ont sorti le grand jeu pour leur premier spectacle sur les planches du Théâtre régional Abderrahmane Bouguermouh, en présence de l'ambassadeur d'Allemagne en Algérie, S. E. Götz Lingenthal.

Deux premières pour le théâtre algérien ont marqué la troisième soirée du FITB : une scène de nu et un système de sous-titrage pour traduire le dialogue en allemand de Kaspar. La pièce de Peter Handke et mise en scène par Roberto Ciulli, un des fondateurs du Theatre an der ruhr, repose sur un fait réel : l'histoire de Kaspar Hauser, un adolescent découvert au coin d'une rue en mai 1828 à Nuremberg, en Allemagne, ne sachant prononcer le moindre mot, parce qu'il a vécu coupé du monde pendant quelque seize ans. Une version le donne comme étant l'enfant d'une comtesse, enlevé à sa naissance pour être séquestré au fond d'un cachot. L'énigme Kaspar, qui a préoccupé les esprits dans l'Europe du XIXe siècle, a constitué un nouveau prétexte qui relança alors la problématique de l'origine de la langue. Pièce de 135 minutes, Kaspar exploite la thématique de l'éducation sociale de l'homme à travers la langue et montre l'influence de celle-ci sur la pensée humaine.

Comme seul moyen de communication, Kaspar, joué par Maria Neumann, ne pouvait prononcer qu'une phrase, une seule : «j'aimerais devenir comme celui qu'un autre a été un jour». C'est ainsi que le personnage peut «s'exprimer dans le noir pour qu'on ne (le) prenne pas pour un animal». L'approche particulière est philosophique à travers des réflexions existentielles dans un décor austère. «La chaise te fait mal encore, mais le mot armoire te réjouis plus», «les mots ne te font plus mal»… Kaspar, pour qui des mots et des phrases irréfléchis sont dictés, est soumis à une torture morale avant d'arriver à apprendre à parler. «Depuis que je sais parler, je sais mettre de l'ordre».

L'enfant chétif que l'on croyait être un garçon est dévêtu pour paraître sur la scène en tenue d'Eve. Kaspar est lavé et habillé comme une poupée. «C'est avec un objet en ordre que commence une histoire». Après un entracte, la pièce reprend dans un décor d'une demeure du XIXe siècle avec des personnages muets qui communiquent par un langage non articulé, par des bruits et des cris. Kaspar finit par avoir des souvenirs, apprend les mots «je, tu…». Il est alors «transporté dans la réalité».

La pièce a donné à voir un registre jusque-là étranger au public bougiote. «Nous avons pensé faire venir cette pièce en Algérie, parce nous savons que le public est très intelligent», a déclaré à El Watan Andreas Zürn, directeur du Centre culturel allemand à Alger. «Malgré la crise du théâtre en Europe, nous avons en Allemagne 150 théâtres étatiques et 200 théâtres privés et comptons 36 000 représentations et un public de plus de 5 millions d'adultes et 3 millions d'enfants et d'adolescents», a déclaré l'ambassadeur allemand, S .E. Götz Lingenthal, au public à la fin du spectacle. «Le Theatre an der ruhr a été fondé en 1980 et s'est produit dans 38 pays, dont l'Algérie. Le but de cet échange est d'encourager la réflexion autour des idées et que les contacts se reflètent aussi en Allemagne» a-t-il souhaité.

Autre lien sur le sujet : http://www.critikat.com/La-Legende-de-Kaspar-Hauser.html

novembre 16th, 2013

Posted In: Nudité urbaine

Étiquettes :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

css.php