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(ci-contre, photo de l'Ayguade vers 1954). Une campagne de dénigrement est actuellement menée à l'étranger à l'égard de l'Ile du Levant. Le fait en lui-même n'est pas pour nous surprendre; la perle naturiste des iles d'or devait créer des jalousies. Mais si certaines critiques sont fondées, il est de notre devoir de les signaler dans le but, d'une part d'inciter nos édiles à parer aux insuffisances et, d'autre part, d'avertir le public des nouveaux estivants des petites incommodités qu'ils pourraient trouver en arrivant pour la première fois dans l'ile.

Les nombreux articles élogieux, ainsi que l'excellent "guide" de notre ami Audebert, ne surestiment pas le charme et la beauté du l'ile du Levant qui, plus qu'un centre de vacances, est devenue un véritable lieu de pélérinage naturiste La mauvaise humeur de quelques visiteurs étranger s'explique difficilement; l'enchantement de l'ile devrait faire oublier quelques imperfections.

Un de nos correspondants, dans une longue lettre, d'ailleurs très objective, fait le point; il cite "la déception exprimée par certains campeurs britanniques à propos de l'état sanitaire". C'est ainsi que beaucoup de gens ne se doutent pas qu'ils devront se priver de certaines notions de confort du "civilisé".

" On sait que l'on peut s'embarquer au Lavandou ou aux Salins d'Hyères mais sur quels bateaux? Si j'en crois des amis de la Côte Varoise, il s'agirait plutôt de vedettes ou grosses barques à moteur, matériel assez fatigué, dépourvu du minimum (obligatoire) d'engins de secours, aptes sans doute à faire convenablement la traversée par mer calme, mais dangereux à utiliser par gros temps. Il n'y a heureusement jamais eu, je crois, d'accident de trajet; la Méditerranée n'a cependant pas été exempte, ces derniers temps, de naufrages de barques qui ne s'aventuraient même pas en haute mer. On ajoute que l'impression de peur (bien naturelle) que laisserait chez des enfants une traversée d'une heure tant soit peu mouvementée, pourrait être de nature à gâcher en partie les souvenirs de vancances. Serait-il vrai que les moyens de transport en service laisseraient autant à désirer? Il a été fait allusion à cette question dans l'article de Hans Hagen, dans la revue danoise "Sun and Health", où il est dit que le "small motor¬boat is really tossed about in the blustering mistral !
Est ce qu'en ces parages une mer agitée serait de règle ?
Si oui, est-il exact que certains bateaux seraient en service sans posséder l'agrément des Services de la Navigation pour le transport des passager ? "

Comme on le voit, c'est surtout de l'étranger que nous viennent ces nombreuses interrogations. Dans l'intérêt du tourisme naturiste, il est nécessaire d'y répondre franchement et, si besoin est, de prendre toutes les mesures qui s'imposent.

"II n'y a pas que des campeurs qui se rendent à l'ile du Levant, le "Guide" donne des indications sur les possibilités de logement, on y lit que le téléphone relie l'ile du Levant au continent, mais nulle part il n'y est question de l'électricité: sans doute peut on s'en passer, elle incite trop de gens à installer des postes de T.S.F., mais nombreux sont en France (et davantage à l'étranger) ceux qui ont pris l'habitude du rasoir électrique. N'y a t-il pas d'électricité à l'ile, comme le laisse entendre la revue danoise déjà citée ?"
Non, il n'y a pas d'électricité, reconnaissant qu'en signalant d'avance cette incommodité aux visiteurs, on leur permet de s'en prémunir
"Le Guide indique plus spécialement à l'intention des campeurs qu'il n'y a point de vipère dans l'ile Or, dans un reportage paru dans "The Naturist" ou "Health and Efficiency", il était incidemment question d'un serpent veinimeux découvert par un chien. Qui a raison? Probablement Awdebert, si ce n'était en réalité qu'une couleuvre".

En effet. Audebert a raison, il n'y a pas de vipère dans l'ile, mais on y rencontre parfois des couleuvres assez longues, mais certainement inoffensives. On trouve bien dans les endroits rocheux de petits scorpions qui ne semblent pas très agressifs; leur piqure ne provoque généralement qu'une légère fièvre. Autrement dangereuses sont les murènes attaquées par le pêcheur sous-marin, ou la piqure d'arrête de la rascasse.

" A l'ile du Levant tout est pris d'assaut des mois à l'avance, auquel cas foin des guides, des articles alléchants, si, à moins d'être campeur on ne peut espérer que passer une journée sur l'ile, en devant aller se loger à l'ile voisine de Port-Cros ".

Construction du port de l'Ayguade – 1949 (débarquement de sables)

Là, nous ne suivons pas notre correspondant. Il n'est pas un estivant, désireux passer ses vacances sur telle plage, qui ne s'enquiert au préalable d'un lieu d'hébergement. Il existe dans ce but des agences et des syndicats d'initiative.

L'ile du Levant n'est pas le Touquet, ni Deauville, les naturistes ne souhaitent d'ailleurs pas qu'elle le devienne
. Le vrai naturiste qui recherche la vie simple, forte, un peu sauvage, découvrira l'ile comme l'Eden du XX° siècle, même s'il ne peut se servir d'un rasoir électrique. S'il est utile que les éléments d'inconfort de l'ile soient connus, voila qui est fait. Et s'il n'y a pas d'autres inconvénients que ceux cités, l'ile du Levant est, dans le genre, voisine de la perfection.

ALBERT LECOCQ
– Directeur de la revue La Vie Au Soleil

Merci à Frederic Capoulade pour les photos jointes ici à l'article qui ne proviennent pas de l'article d'origine.

octobre 15th, 2013

Posted In: Histoire du naturisme

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