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"Partout sur cette terre, il fut des temps où les dames ne se gênaient pas, et personne ne s’en plaignaient. Dans l’antiquité, on voyait avec indifférence ce qui nous révolte aujourd’hui. Dans les banquets et les festins, les femmes les plus honorables considéraient comme une bienséance le fait de se déshabiller après le repas (il est vrai que les plaisirs de la table étaient aussi ceux de l’amour).
Au XVI° siècle, dans certaines processions, à Paris et en Province, des dévots se promenaient à demi-nus, ou complétement nus. Dans les réjouissances, des courtisanes nues couraient dans les rues portant des flambeaux.

Vers 1700, les femmes de France ne critiquaient pas jamais la mode lacédémonienne.
En Grèce, dans les grandes fêtes, des femmes nues dansaient devant le bœuf Apis, symbole de divinité.
Aujourd’hui, les musulmanes considèrent comme un attentat à la pudeur le fait de montrer leurs yeux ; d’autres ne voient la chasteté que dans leurs lèvres qu’elles cachent précieusement. Au Soudan, dans certaines régions, les femmes ne portent qu’une sorte de fin corsage dans le seul but de soutenir leurs seins.
Dans d’autres provinces de l’Afrique, la nudité est le voile de la vertu ; plus une femme est chaste, plus elle est nue.
A Ceylan, les femmes ne couvrent pas leurs seins. A Madagascar, dans certaines régions, elles ne cachent guère ce qu’on n’ose faire voir en Europe mais, par contre, elles ne montrent pas leurs bras.
Qu’est ce que donc la pudeur, si ce n’est qu’une sorte de préjugé, une sorte de mode ?
….Mais que penser cependant de la nudité complète ? Il est universellement prouvé que dans tous les pays où l’on ne connait même pas le pagne, les mœurs ne sont pas plus altérées qu’ailleurs ; au contraire, les violations aux règles de la chasteté sont généralement considérées comme un sacrilège. Il est certain que la nature, ennemie du mensonge et de l’hypocrisie, ne voit dans la nudité que le Beau : jamais la perversion ou la corruption par l’appétit animal.
Mais il est évident que là, où la liberté des mœurs est raisonnée, là où les raffinements de la civilisation et les préjugés ont habitué les sens à voir aussi leur assouvissement dans la vue de l’objet, la nudité réveillera le désir en même temps que le Beau. Et voilà, la raison pour laquelle celle-ci est condamnée sans cependant ne pas l’être, puisqu’elle s’étale maintenant au grand jour, dans nos représentations ! Ainsi, nos lois sacrées de la pudeur sont-elles toujours respectées, mais de subtiles dérogations (toujours légales, bien entendues) y sont sans cesse apportées et permettent de réaliser ce que nous désirons".

Marcel Cossart (« L’amour, c’est le soleil de la Vie ») Extrait issu de la Vie au Soleil n° 16 – juin 1951

août 11th, 2013

Posted In: La pudeur

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