AIX EN PROVENCE – Un groupe de militants mène depuis plusieurs semaines des actions en faveur du vélo dans le centre-ville d’Aix-en-Provence. Ils réclament plus de pistes cyclables. …
Les "Vélorutionnaires" ont peint la semaine dernière sur les routes d'Aix-en-Provence des symboles représentants les vélos. Photo : DR
"Il est plus simple de faire du vélo à Marseille qu’à Aix-en-Provence." Le constat est étonnant. Il provient pourtant d’un membre des "Vélorutionnaires", une association qui milite pour davantage d’aménagements pour les deux-roues dans la Cité du bon roi René. "Avez-vous déjà essayé de prendre le rond-point de la Rotonde ?" interroge Théo Challange. "C’est pratiquement impossible tant c’est dangereux", répond le jeune homme à sa propre question. Autre exemple : le boulevard Schuman. "Par manque de repères au sol, les voitures coincent les vélos sur le bord de la route", déplore-t-il. Sans parler des rues à sens unique de la ville, "véritable soucis", selon lui, pour les amateurs de bicyclette.
Très actif sur les réseaux sociaux, Théo, a donc décidé d’interpeller, sous forme de pétition, la mairie d’Aix-en-Provence pour réclamer plus de pistes cyclables. "Il n’y a pas eu d’avancées. La maire, Maryse Joissains, considère que le Sud n’est pas fait pour le vélo, elle n’a que du dédain", déclare-t-il. Un peu refroidi par le manque d’intérêt des élus, il a décidé de passer ensuite à l’action la semaine dernière de façon étonnante: en dessinant sur la route des pistes cyclables. "Bon ok, c’est vrai, ça relève de la dégradation public reconnaît-il, mais c’est de la création public !", se justifie-t-il.
Une action rapidement avortée
À l’aide d’un groupe d’amis, Théo est donc parti, bombes de peinture à la main et en vélo bien sûr, arpenter les rues d’Aix. "On a fait des pistes mais aussi des pictogrammes représentants les deux-roues", détaille le justicier de la petite reine. Chose étonnante, les voitures ont "respecté les symboles. C’est la preuve qu’il y a la place pour faire des aménagements pour le vélo", affirme-t-il.
Une action militante pas du goût de tout le monde. Une patrouille de police qui passait par là a stoppé net ces agents de la voirie d’un genre nouveau. "On risque une amende", souligne Théo, bien décidé pourtant à continuer son combat. Dès jeudi, une "vélorution" (une ballade dans le centre-ville) partira de la mairie. "On invite d’ailleurs Maryse Joissains à venir avec nous", nargue gentiment le jeune homme. "Ça permettra de lui faire prendre conscience des dangers pour les vélos dans le centre-ville", conclut-il.