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Les vraies richesses par Albert Lecocq (éditorial La Vie au soleil n°2)

Par quelle aberration du sens commun sommes nous arrivés au stade de la vie actuelle ! L’homme court après une caricature du bonheur. Toutes les notions sont faussées. Tout n’est qu’artifice. Nous cherchons à extraire d’infimes parcelles de joie de clichés mensongers. Notre existence est devenue complexe à l’extrême et sans logique. 

Nous nous sommes égarés dans un chemin de traverse qui n’aboutit à rien et si nous nous entêtons à persister dans cette voie, c’est courir après notre propre destruction. 

Demandons à n’importe quoi : « Quels buts poursuivez vous ? », la réponse est toujours la même : gagner beaucoup d’argent, pour s’assurer plus grand luxe et meilleur confort. La conception de l’existence du civilisé est devenue une pure vue de l’esprit. 

L’atteinte de nos buts, consécration souvent de toute une vie d’efforts, ne crée que des satisfactions d’orgueil, une impression de sécurité, dont on ne soupçonne pas toujours la précarité, mais non pas le véritable bonheur. 

D’ailleurs, à ce jeu cruel, on aura perdu jeunesse et santé ; de concentrer intensément toutes ses possibilités individuelles à la poursuite de la fortune, du pouvoir, des honneurs, on aura oublié la plus élémentaire notion de soi-même. Nous sommes coupables d’avoir collaboré à ce conformisme collectif, coupable par exemple que nous avons donné, coupable de l’obligation que nous en avons faite à ceux qui dépendent de nous, coupables envers notre descendance à qui nous avons inculqué les mêmes principes au lieu d’essayer de la libérer. 

1955 – Nov dec – LVS – n°44

Celui qui profite largement de ses biens acquis commet les mêmes erreurs car il attente à sa vie par ses excès et l’accentuation de plus en plus prononcée de son déséquilibre. 

D’autres, dans leur déchéance physique, trouvent une contre-partie cérébrale dans l’évasion de leur pensée. 

Combien, nus devant leur conscience, peuvent ils se reconnaître parfaitement heureux ? 

L’homme moderne a trouvé, dans ses vices, ses plus puissants leviers d’action. Pour satisfaire son orgueil sans borne, sa gourmandise insatiable, son immodestie et sa luxure, son désir de posséder, il lui faut de plus en plus d’argent. Le signe monétaire est roi. Il ouvre toutes les portes, procure toutes les jouissances, recule les limites de notre pouvoir d’asservissement. Il donne une réponse provisoire à l’envie, car celle-ci n’a pas de borne et sitôt contente elle renaît plus exigeante. 

C’est dans la vie simple que le sage connaît le bonheur. Limitant ses désirs, modeste, développant les qualités du cœur et de l’esprit, n’opprimant pas, par conséquent non haï, il possède profondément des richesses inestimables dont il ne craint pas l’amenuisement ou l’évasion. Une chose que l’homme tend de plus en plus à méconnaître, c’est qu’il lui faut peu de choses pour vivre et, même dans les circonstances actuelles, peu de travail à consacrer pour lui assurer ce qui est nécessaire. C’est la recherche en superflu qui le transforme en forçat. C’est son désir de vie compliquée et de bien inutiles, son âpreté à paraître, parader et s’imposer, c’est sa folie de vouloir forcer les choses, les gens, les événements, qui sont à la source de tout ces malheurs, dégoût de vivre, notion de sa propre inutilité, état lamentable de son psychisme, ruine de ses ressources physiologiques, atteinte à sa longévité. Ecce homo ! Est-ce le bonheur, cette désolante constatation, à l’occasion d’une prise de conscience, d’une vie gâchée, perdue, sans emploi.

C’est pourquoi tant de gens multiplient gestes et mots inutiles, occupations dérisoires, pour masquer leurs sentiments profonds de détresse, de solitude, de crainte dans le drame cosmique auquel ils sont restés impréparés. 

Combien de narcotique découvre-t-on dans les comportements : refus de penser, auto-hypnotisme, volonté de réalisations égoïstes. Que de petitesse dans nos préoccupations. 

Certes, il y a eu en tous temps des êtres d’élites qui ont échappé à la nocivité de l’ambiance. Il y a eu des sages, des heureux. Quelques uns ont laissé leurs paroles d’or qui ont résisté au temps. D’autres resteront à jamais inconnus. La plupart ont franchis des caps de souffrance avant de prendre possession d’eux-mêmes. Tous ont trouvé la vérité dans la vie simple, dans le détachement des biens matériels, dans leur libération des sophistications humaines, dans le rapprochement de la nature et la soumission à ses lois. 

Tout un programme de réforme s’offre au naturiste. Les exigences pitoyables d’une civilisation trop souvent inhumaine dans sa forme pratique ne permettent à l’homme de se rendre totalement et lui rend très difficile la possibilité de se placer en marge de la collectivité à laquelle il est socialement, économiquement rattaché. 

Le problème qui se pose est d’autant plus ardu à résoudre que cette réforme demande à être menée sur un double plan : individuel et collectif. 

Il n’est pas commode de concevoir une société parfaite si elle est composée d’individus viciés et tarés. D’autre part, il paraît bien long d’attendre les résultats d’améliorations individuelles surtout dans des circonstances défavorisantes. 

Par conséquent, si le naturisme est amené à faire réviser la plupart des valeurs sur lesquelles repose toute la structure actuelle, faut-il que chacun prêche d’exemple en adoptant des règles de vie naturelle et se joigne à ceux qui jettent les bases d’une édification collective qui ne contienne rien de contraire aux lois de la nature. 

Le bonheur est en soi. Notre formation philosophique doit être en partie notre œuvre et le fruit de nos propres expériences, le résultat de nos méditations. Ne cherchons pas des stabilités définitives ni en nous, ni hors de nous, et n’adoptons pas de systèmes rigides. L’être et le monde sont en perpétuelle évolution. 

mai 30th, 2020

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1952 – Vivre d’abord – n°32-362 – Malkovsky

mai 7th, 2020

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mai 6th, 2020

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« Y-a-t-il un code plus rigoureux et plus rituel que celui du vêtement ? Il classe, il distingue, il hiérarchise, il garantie les contrats secrets du groupe. Il maintient les distinctions sociales, les statuts culturels et les distances entre classes. On ne peut briser ce code ou porter atteinte à la pudeur sociale sans porter atteinte à un ordre établi » 

Michel de Certeau (1925-1986) – prêtre jésuite, théologien, philosophe et historien

mai 5th, 2020

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INF Comm – 2002.02 – N°4

mai 3rd, 2020

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INF Comm – 2002.02 – N°4

mai 3rd, 2020

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Inf Comm – 2002.02 – N°4

mai 3rd, 2020

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Nat Info, printemps 1994, édition spéciale

mai 3rd, 2020

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Nat Info, printemps 1994, édition spéciale

mai 3rd, 2020

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Nat Info, édition spécial, printemps 1994

mai 3rd, 2020

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