Coeur naturiste

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Par Bruno Saurez

Il est difficile d’établir une chronologie précise d’une évolution sociétale dont les courants se caractérisent par leur éclectisme. Car, nous l’avons vu dans les précédents bulletins culturels, les origines du naturisme sont diverses. Prétendre découvrir précisément l’origine de conceptions, leurs aspirations, comment et quand elles ont évolué est une véritable gageure. Sans compter qu’entre les théories et les pratiques, apparaissait souvent des différences. Quelques dates permettent toutefois d’établir une chronologie des événements.

En 1743, Théophile de Bordeu, fondateur du courant médical « vitaliste », soutient sa thèse à la faculté de médecine de Montpellier. Ce jeune médecin sera le premier à employer le mot « naturisme » dans ses œuvres le préférant à « animiste » trop axé sur la primauté de l’âme. Il l’emploie tout d’abord dans son livre publié à Liège en 1768 « Les Recherches sur l’histoire de la médecine ».

La thèse naturiste que soutient Théophile de Bordeu suppose que la nature soit à la base du vivant, aussi bien en ce qui concerne les maladies que ce qui nous maintient en vie. Elle fait de l’organisme le siège de la manifestation vitale en refusant le dualisme de l’âme et du corps. Elle se détache de l’animisme aux connotations trop spirituelles et insuffisamment modernes selon lui. Dans son analyse, la vie est maintenue non plus par l’âme, comme dans la pensée vitaliste, mais par la nature elle-même. Il convient, pour la préserver, de se référer à elle. Il s’agit de prendre la nature pour guide, d’où le mot « naturisme ». Ici, « nature » équivaut à notre nature intérieure, soit la force vitale qui nous maintient en vie.

Théophile de Bordeu s’oppose aux expériences qui en disséquant les corps les sortent de leur contexte naturel, prônant l’observation des maladies et leurs effets sur les organismes pour apprendre. C’est une médecine d’observation, aussi appelée expectante, qui tient compte des prédispositions des malades (environnement, âge, sexe, etc.). 

Le postulat naturiste veut que la plupart des maladies finissent par guérir d’elles-mêmes. La fièvre est considérée, par exemple, comme une réaction bénéfique du corps pour lutter efficacement contre les maladies. Il en ressortira plus fort. La nature œuvre comme une force médicatrice telle que le précepte hippocratique « vis naturae medicatrix ». Chez les vitalistes, cette force vitale était l’âme, ici, ce sont tous les organismes vivants qui ont en eux cette propension à maintenir la vie. La maladie est considérée comme un effort de l’organisme pour se libérer d’un mal et retrouver la santé. Cette médecine expectante tend à un scepticisme vis-à-vis des traitements thérapeutiques utilisés à l’époque comme la saignée, l’antimoine, les applications de mercure, de quinine ou de poudre de cantharide. Toute intervention est susceptible d’interférer dans ce processus naturel de guérison. Il valait mieux laisser la nature agir plutôt que de dégrader un état physique déjà fragilisé par la maladie. 

Arnaud Baubérot, dans son ouvrage « Histoire du naturisme », affirme qu’il était peu probable que des médecins se qualifiassent alors de « naturistes », comme pouvaient le faire par contre les empiriques ou les vitalistes. C’est une des raisons pour lesquelles on trouve peu de textes de cette époque qui parlent de « médecins naturistes ». Les qualifications d’« hygiénistes », ou plus globalement de « vitalistes », seront plus couramment employées pour les désigner.

La médecine des Lumières se basera sur ce concept de nature médicatrice pour décrire les organismes vivants mais au milieu du XIXesiècle. Le milieu médical et la Faculté de Montpellier lui préfèrent une conception physiologiste et se détachent du concept de nature intelligente et consciente. La médecine expérimentale dépasse définitivement les préceptes vitalistes. Lors de ce demi-siècle, la formation du corps médical s’améliore et accentue ces changements. La médecine acquiert une position sociale respectable. 

Vers 1860, tous les domaines de la science réalisent des progrès considérables. Le corps humain et son fonctionnement interne sont démystifiés. La chimie commence à s’accaparer la science, c’est une médecine de laboratoire. 

L’eau et le soleil à la base du naturisme 

Un courant de scepticisme, vis-à-vis des thérapies classiques, naît en Europe, qui coïncide avec l’apparition des premiers établissements de cures d’hydrothérapie à partir de 1830. Dès 1840, le Dr Gillebert-Dhercourt, directeur d’un centre d’héliothérapie à Nancy, insiste sur la nécessité de coupler séances de bains froids et activités physiques en pleine nature, suivies d’une alimentation équilibrée.

« Née dans le sillage du naturisme médical, l’hydrothérapie reposait sur la conviction que la force des éléments naturels pouvait se montrer propre à seconder l’action de la nature médicatrice interne au corps humain et responsable tant de la préservation que du rétablissement de sa santé. » [1]

L’hydrothérapie prend tellement d’importance qu’il devient nécessaire de l’encadrer par des organisations, comme la Société d’hydrothérapie et d’hygiène, créée par le Dr Schmitz en 1841 ou l’Association internationale des médecins kneippistes, en 1894. En 1861, l’hydrothérapie est enseignée à l’université de Vienne par le Dr Winternitz.

Le milieu médical français reçoit avec bienveillance l’hydrothérapie au sein de la médecine des Lumières, car l’usage de l’eau froide n’est pas nouveau. Il a été introduit en France dès le XVIIIesiècle, à la suite du déclin progressif de l’usage de l’eau chaude et de la vapeur dans les bains publics. Il est d’autant mieux accueilli en France qu’il se rapproche des convictions vitalistes qui lui sont complémentaires. Durant plusieurs siècles, on attribuait à la chaleur la capacité à fluidifier les humeurs. L’abandon de ces conceptions humorales au début du XVIIIesiècle fait place à une nouvelle forme de propreté, au travers de laquelle l’hydrothérapie se développera durablement[2]. Au XVIIIsiècle, on reproche à l’eau chaude d’être immorale : elle ramollit les corps, les rend lascifs, flasques et fatigués quand elle n’est pas l’occasion de quelques débauches. L’eau chaude rend la nation et ses sujets faibles car elle les endort dans un luxe décadent. On voit ici poindre la notion de dégénérescence qu’on retrouvera dans les discours de Kienné de Mongeot au début du XXesiècle. 

Ces nouveaux courants de pensée hygiénistes représentent également un terrain favorable à une émancipation du corps. Les bidets, puis les baignoires, apparaissent dans quelques hôtels et chez quelques familles fortunées. Cela dit, comme le souligne Vigarello dans « Le Propre et le sale », la propreté n’acquiert pas encore la signification qu’elle a aujourd’hui. Elle ne concerne qu’une élite et le bain est utilisé avec beaucoup de précautions.

Cet hygiénisme médical est tout autant un retour aux traditions hippocratiques qu’une critique sociétale. Au cours du XVIIIesiècle, nous nous éloignons de plus en plus de tout artifice, en opposition au code aristocratique. L’habit n’est plus l’unique rempart pour se défendre des miasmes. Le corps, débarrassé des fards et autres poudres, permet de libérer des forces vitales pour subvenir à sa propre survie. Il en est plus fort et dynamique. 

« Être propre va consister bientôt à se débarrasser de ce qui fige et contraint l’apparence au profit de ce qui la libère » [3]

La médecine évoluant, le cadre thérapeutique de l’hydrothérapie s’adaptera à son tour au positivisme de la physiologie, notamment avec Louis Fleury au milieu du XIXesiècle, permettant à celle-ci d’être mieux acceptée par les académies. Vers 1853, avec la Société d’hydrologie médicale de Paris, les médecins hydrothérapeutes se rapprochent des promoteurs du thermalisme créant ainsi un corpus hygiénique à visée sociale donnant naissance à la physiothérapie. Les différentes méthodes de régénération de l’être que sont l’aérothérapie (cure d’air en montagne), l’héliothérapie, la climatothérapie et l’hydrothérapie conduisent le milieu scientifique à réfléchir sur les propriétés de l’air marin. Cette conjugaison de thérapies donnera naissance à la thalassothérapie moderne pour lutter, dans un premier temps, contre des pathologies chroniques comme rachitisme, tuberculose, phtisie pulmonaire ou scrofule. La kinésithérapie, la radiumthérapie et l’électrothérapie rejoindront par la suite ce corpus thérapeutique pour créer un ensemble de traitements physiques naturels.

Tout en se démarquant des premières pensées vitalistes et en se conformant aux canons de la médecine moderne, ces traitements avaient toujours une prédisposition naturiste dans le sens où on recherchait à endurcir les patients au contact de la nature et de ses éléments en vue de stimuler leurs défenses pour évacuer les miasmes. Les exemples français les plus connus se trouvent à Berck où la Doctoresse Duhamel expose nus à l’air marin des enfants atteints de rachitisme en 1857, à Arcachon, dans les années 1860, qui deviendra un lieu de traitement pour les tuberculeux, à Hyères où en 1880 le Docteur Vidal fonde un sanatorium de thalassothérapie et également à Marseille avec l’abbé Legré. Œuvrant pour une réhabilitation du corps dans son ensemble, ce discours militant hygiéniste, avec l’appui de la philosophie des Lumières, correspondra en France à une forme de contestation de la religion, de la vie mondaine et de la bourgeoisie hypocritement pudibonde.

On retrouve chez les précurseurs de l’hydrothérapie le souci d’adopter des principes de modération favorables à la santé. Il s’agit de prendre conscience des entorses faites aux règles de l’hygiène par la vie citadine. Non seulement ces considérations hygiénistes étaient proches des premiers naturistes, mais, en outre, l’hydrothérapie permettait à la population de prendre conscience de l’existence de la peau, autrefois honteusement cachée sous des couches de vêtements et de la nécessité de se laver régulièrement. Adoptant des principes hygiénistes de la médecine hippocratique, certaines critiques de la société moderne se retrouveront dans les premiers livres naturistes du XXesiècle. C’est ainsi qu’on retrouve en 1843 chez le Dr Geoffroy, dans son livre « Thérapeutique et diététique de l’eau froide », une critique sévère des vêtements, des lits trop couverts, des logements vétustes et fermés. Ambroise Paré et Montaigne dénonçaient déjà le port du corset. Dans un élan de contestation générale, les adeptes du kneippisme s’opposent également aux modes vestimentaires qui tourmentent et déforment les corps. De même, la notion de tempérance et de pondération quant à l’alimentation sera un des thèmes largement développés par les frères Durville et par le Dr Poucel au XXesiècle ; des consignes qui visent explicitement à lutter contre la dégradation physique et morale des êtres, un défi constant que nous retrouverons plus tard dans les écrits de Kienné de Mongeot. Cette interprétation d’une santé tributaire d’une bonne hygiène de vie est un tournant dans la science médicale du XIXesiècle et sera à la base de la pensée des médecins naturistes du XXesiècle. Cette médecine néo-hippocratique ne se contente plus d’une contemplation passive des éléments naturels. 

Entre la médecine moderne et la révolution pasteurienne 

Au début du XXesiècle, les théories médicales concernant la physiologie commencent à être étayées par de solides connaissances, avec, notamment, le pasteurisme. Les découvertes de la microbiologie relèguent dans les esprits français la tradition humorale vitaliste, source des premières inspirations hydrothérapiques, comme une conception archaïque, d’autant que le kneippisme ne suscite guère l’enthousiasme auprès de la population française. De plus, la prééminence de la médecine officielle ébranle l’ancienne vocation soignante de l’Église dans les esprits.

Pour autant, les précurseurs du mouvement médical naturiste ne sont pas avares de critiques envers le pasteurisme. D’après eux, on recherche avant tout à éradiquer les maladies avant d’analyser les causes. On oubliait trop souvent l’aspect fondamental de la mauvaise hygiène considérée comme la cause principale des maladies. On ne cherchait plus à fortifier les individus pour prévenir les maladies, mais à traiter les microbes. La connaissance des microbes et des bactéries ne devait pas sous-estimer l’hygiène et la nature. 

Après avoir été fragilisées par les découvertes microbiennes de Pasteur, les thèses de la médecine naturiste reviennent au début du XXesiècle, finalement renforcées par l’immunologie. Consolidées par les craintes que suscite l’ère industrielle, elles épousent la vision idéale d’une société ensoleillée, baignée d’air pur et de lumière.

Progressivement, l’hydrothérapie, tout comme l’aérothérapie, l’héliothérapie ou la physiothérapie, glissera vers une conception hygiéniste de la médecine d’inspiration néo-hippocratique plus que vers un procédé thérapeutique mal défini. Ce sont les médecins naturistes, dès 1911 avec Demarquette et le Trait d’Union, et les Durville avec leur institut naturiste en 1913, qui remettront ces préoccupations au goût du jour. Pourtant, tous n’appréciaient pas le terme « d’hydrothérapie », comme les Drs Pathault ou Poucel, qui préf


[1]      Joseph Poucel, « La Vie simple », conférence

[2]      Georges Vigarello, « Le Propre et le sale », Seuil, 1987, chapitre « Le froid et les nouvelles vigueurs »

[3]      Georges Vigarello, « Le Propre et le sale », Seuil, 1987, chapitre « Le froid et les nouvelles vigueurs », p. 145

juillet 7th, 2020

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1952 – Vivre d’abord – n°32-362 – Malkovsky

mai 7th, 2020

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Nat-Info, édition spéciale 1994

mai 2nd, 2020

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https://www.sciencesetavenir.fr/sante/russie-dans-le-permafrost-virus-et-bacteries-attendent-le-degel_31120

Par Sciences et Avenir avec AFP le 17.08.2016

Les cas récents d’anthrax dans le Grand Nord russe ont révélé les dangers sanitaires liés à la fonte du permafrost dans lequel virus et bactéries oubliés attendent l’heure du retour.

Le réchauffement climatique va-t-il provoquer le retour de la variole ? Les cas récents d’anthrax dans le Grand Nord russe ont révélé les dangers sanitaires liés à la fonte du permafrost, ces sols gelés où sont piégés des virus redoutables, parfois depuis des millénaires.

Les habitants de la péninsule de Yamal, à 2.500 kilomètres au nord-est de Moscou, ont subi une conséquence très concrète de leur fonte. Un enfant y est mort et 23 autres personnes ont été infectées par l’apparition fin juillet de la maladie du charbon, appelée aussi anthrax, pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. Pour les scientifiques, l’origine remonte très probablement au dégel d’un cadavre de renne mort de l’anthrax il y a plusieurs dizaines d’années. Libérée, la bactérie mortelle, un bacille facilement disséminé sous forme de spores, a ensuite infecté des troupeaux de rennes, nombreux dans la région.

« Est-ce qu’un tel processus peut se répéter ? Bien sûr », a prévenu lors d’une récente conférence de presse Boris Kerchengoltz, chercheur spécialiste à l’Institut russe des problèmes biologiques du permafrost. En effet, la Russiese réchauffe 2,5 fois plus vite en moyenne que le reste du monde et ce changement climatique est encore plus rapide en Arctique.

Virus géants dans des mammouths

A Yamal, péninsule peuplée surtout d’éleveurs nomades de rennes et située entre la mer de Kara et le golfe de l’Ob, les températures ont dépassé de 8 degrés la normale saisonnière en juillet, approchant 35°C. « Nous parlons d’un endroit au delà du cercle polaire », observe Sergueï Semenov, directeur de l’Institut russe du climat. « C’est une anomalie sans précédent ».

Un vétérinaire inspecte un troupeau de rennes dans la péninsule de Yamal, dans le Grand Nord russe, où est réapparue récemment la maladie du charbon, l’anthrax.

Pour les scientifiques, la menace est loin de se limiter à l’anthrax. « Il y a des restes de variole » dans le Grand Nord datant de la fin du XIXe siècle et les chercheurs ont découvert des « virus géants » dans des dépouilles de mammouths, actuellement étudiés, a expliqué Viktor Maléïev, directeur adjoint de l’Institut de recherche russe d’épidémiologie. « Je pense que le changement climatique va nous apporter bien des surprises », a-t-il averti. « Je ne veux effrayer personne mais nous devrions y être prêts ». Pour cet expert, la propagation des cas d’anthrax aurait pu être mieux contenue si les rennes avaient été vaccinés massivement.

Nous n’avions jamais envisagé une telle menace bactériologique » – Dmitri Kobylkine, gouverneur de la région Yamalo-Nenetski

Dmitri Kobylkine, le gouverneur de la région Yamalo-Nenetski, où plus de 2.300 rennes sont morts cet été, a indiqué que les vaccinations avaient cessé il y a une dizaine d’années, peut-être parce qu’on pensait que l’anthrax avait disparu depuis assez longtemps. « Une très grave erreur », a-t-il reconnu. Il a estimé la zone affectée (celle contaminée à laquelle s’ajoute une zone tampon) à 12.650 km2« La désinfection se poursuivra tant que les analyses du sol n’auront pas montré qu’il n’y plus d’anthrax », a assuré le responsable. A l’heure actuelle, plus de 1.500 personnes ont été vaccinées et plus de 700 personnes à risque doivent prendre des antibiotiques, selon les autorités locales. Environ 270 soldats ont été déployés pour incinérer les dépouilles des animaux infectés. Il s’agit d’un dispositif sans précédent en Russie « aussi bien en termes d’échelle que de complexité », a estimé le gouverneur. « Nous n’avions jamais envisagé une telle menace bactériologique », a-t-il reconnu.

Les scientifiques déplorent qu’à la place d’investir dans la recherche sur le changement climatique, les autorités réduisent les budgets alloués à la science et ne dépensent pratiquement plus que pour répondre aux situations d’urgence. Valéri Malinine, océanologue de l’Institut russe d’hydrométéorologie, rappelle qu’un programme de recherche sur le climat avait été mis en place en 2010, quand une fumée suffocante a saisi Moscou à la suite d’incendies…. Avant d’être « de fait enterré », déplore le chercheur. « Quand on est confronté à des phénomènes de destruction, on pense toujours qu’il aurait fallu les éviter, mais dès que les passions retombent, on oublie tout », regrette-t-il. « Yamal n’est qu’un signal d’alarme : la nature va continuer de nous défier ».

avril 15th, 2020

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février 2nd, 2020

Posted In: Ecologie, Santé, Société

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janvier 10th, 2020

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janvier 10th, 2020

Posted In: Histoire du naturisme, Santé

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La première reconnaissance du naturisme de la part de l’État ne date pas du 28 octobre 1983.

Michel Pivert nous le rappelle dans le numéro 100 de La vie au soleil de 1984. Il y a eu celle du 14 décembre 1932 émanant du Sous-Secrétariat d’État à l’Éducation physique, Mr Philippe Marcombes, sous le gouvernement Doumergue. Elle stipule que « La Société Naturiste » des Drs Durville est « agréée sous le n°14.914 comme société d’éducation populaire ». Décision confirmée par la loi du 9 janvier 1933. Cet agrément fait suite à la visite de M. Chérif-Mécheri, ancien chef du secrétariat de Mr Émile Morinaud, à l’île des naturistes de Vilennes. Dès le mois suivant, des hommes politiques félicitent les Drs Durville dans l’hebdomadaire « Naturisme » pour l’action menée en faveur de la santé publique. Le député Paul Poncet déclare même « Peu à peu et sans grande modification, je pense, votre idée généreuse triomphera » (citation reprise dans « La vie au soleil » n°100, 1984). Pierre Mendès-France était parmi les soutiens que comptaient les Durville. Preuve d’une prise de conscience chez les politiques, peu de temps après, le Ministre du Travail Adrien Marquet inaugure l’école publique naturiste de Pantin.

Installée à l’île de Villennes, cette société ne pratiquait pas la nudité intégrale ; il restait un abîme à franchir dans la mentalité de l’époque : passer du port du slip au nu complet. Malgré tout, ce fut vécu comme une première étape primordiale. 

novembre 8th, 2019

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1978 – 4éme trimestre – n°9 – Jean Paul II

octobre 3rd, 2019

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Enquête – Pour ou contre le naturisme – numéro spécial

septembre 14th, 2019

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