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La grotte Cosquer a été déclaré le 3 septembre 1991 par le scaphandrier qui lui donna son nom. Elle est l’unique grotte ornée sous-marine au monde et elle se trouve à Marseille, dans les Calanques.

Ci-dessous : Vue générale de la grande salle émergée, prise de l’est. Le plafond est formé d’une strate de calcaire urgonien. On distingue à droite la « plage », plan incliné recouvert de coulée de calcite. La galerie sous-marine d’accès est situé à gauche sur le cliché.
Crédit photo : Jean Clottes

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Au paroxysme de la dernière période glaciaire, dite de Würm, le niveau des mers est descendu jusqu’à 135 mètres au-dessous du niveau actuel. Il y a 20 000 ans, sur le littoral méditerranéen français, un vaste « pré-continent » occupait l’emplacement du golfe du Lion et s’étendait jusqu’au golfe de Marseille, alors entièrement émergé, tandis que plus à l’est les îles d’Hyères étaient reliées à la côte des Maures. Puis, entre huit et dix mille ans, la fonte des vastes calottes glaciaires qui recouvraient l’Europe du Nord et le Canada a produit l’élévation du niveau de l’océan, ce qui s’est traduit dans la région, par la submersion des grottes que l’Homme avait habitées au cours de la Préhistoire.

Ci-dessous : Carte des fonds marins devant la grotte Cosquer. La côte, il y a 20 000 ans, se situait, comme on peut le voir, à plusieurs kilomètres
du rivage actuel – 120 mètres correspond à la cassure du plateau continental.
Crédit croquis : J. Courtin

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Ci-dessous : Plan de la grotte Cosquer indiquant les principaux repères topographiques de la partie immergées
(Relevés L.Long) Centre Camille Jullian

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Ci-dessous : La salle 2 près du petit puits
Crédit photo : Jean Clottes

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Ci-dessous : Passage du petit puits dans la salle 2
Crédit photo : Jean Clottes

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Cette grotte abrite plusieurs dizaines d’œuvres peintes et gravées du Paléolithique supérieur. Ces œuvres correspondent à deux phases distinctes cumulant quasiment 100 siècles d’occupation :

  • Une phase ancienne marquée par la réalisation de mains négatives et de tracés digitaux sur les parois et les voûtes, datant d’environ – 26 500 à – 27 500 ans (à cheval entre l’Aurignacien Gravettien).
  • Une phase plus récente comportant des signes ainsi que des peintures et des gravures figuratives essentiellement animales, datant d’environ – 17 000 à – 21 000 ans (Solutréen).

Entre les deux périodes de fréquentation, la grotte semble avoir été abandonnée durant environ 6000 ans par les hommes préhistoriques selon une étude détaillée de J. Collina-Girard en 1995. Comme la majorité des grottes ornées, les hommes n’y vivaient pas. Les points d’habitats estimés seraient la grotte des pêcheurs et la grotte du figuier situé non loin sur le cap Morgiou. 8000 ans avant le présent (le présent étant fixé à 1950) la grotte est devenue inaccessible à cause de la montée du niveau de la mer. La grotte cosquer a été la plus importante grotte ornée d’Europe car actuellement seule la moitié est émergée. Alors que l’ensemble de la grotte était orné à l’origine.

Les mains § les tracés digitaux (- 26 500 à – 27 500 ans)

Témoignage émouvant de la vie des hommes du Paléolithique, plus d’une cinquantaine de mains ont été découvertes dans la grotte. Elles ont été dessinées aussi bien en négatif (pochoir) qu’en positif (enduites de colorant et appliquées sur la roche). Certaines sont des mains d’enfants. Beaucoup représentent des doigts repliés, ce qui était une forme de langage pour la chasse. Elles sont toutes situées dans la partie droite (est) de la grotte, semblant ainsi jalonner un cheminement qui mène au grand puits, aujourd’hui noyé, mais qui jadis constituait un gouffre obscur, profond de 24 mètres (et haut de 48 mètres), qui a dû effrayer les premiers visiteurs de la grotte, il y a 27 000 ans.

Ci-dessous :La grande main rouge au poignet et à l’avant bras apparent – jean clottes

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Ci-dessous : Un cheval peint sur une paroi couverte de tracès digitaux. En bas à droite, on aperçoit le haut d’un cheval fruste à la crinière « en hérisson ».
Centre Camille-Jullian

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Ci-dessous : Motifs gravés sur voûte qui pourraient être des vulves ou des poissons
Crédit photo : Jean Clottes

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Ci-dessous : Une partie des chevaux gravés et peints de la grotte
Crédit : Jean Clottes

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Animaux terrestres § marins (17 000 à 21 000 ans)

La grotte Cosquer offre une palette d’animaux terrestres d’une grande richesse. Dans les grottes ornées paléolithiques, les animaux marins sont très rarement représentés. Dans la grotte Cosquer, ils constituent une part non négligeable (11%) de l’effectif total des figures.

C’est à la seconde phase de fréquentation de la grotte que datent la majorité des peintures et des gravures animales. Les chevaux dominent, un peu plus du tiers du total. Ils sont suivis des bouquetins et des chamois, des bovinés et des cervidés. Une tête de félin, une antilope saïga récemment identifiée et plusieurs animaux indéterminés ou composites complètent le lot de la faune terrestre. S’y ajoutent des animaux marins, la plus grande majorité de la grotte Cosquer.

Ci-dessous : Les deux grands pingouins affrontés
Crédit photo : Jean Clottes

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Ci-dessous : Le bouquetin juste au-dessus des stalgmites cassées reconcrétionnées – luc vanrell

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Le grand bison

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Les silex

Ci-dessous : cette lame est l’un des douze silex découverts dans la grotte, outils abandonnés ou perdus par les artistes du paléolithique. C’est une lame de calcédoine blonde.

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Des silex retrouvés entre 1993 et 2003.

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Ci-dessous : Stalagmites tronquées presque au ras du sol en face du panneau des chevaux noirs. Son sommet porte des traces charbonneuses.
Crédit photo : Jean Clottes.

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Ci-dessous : De gauche à droite : Luc Vanrell, Jean Courtin et Jean Clottes. Devant la paroi des mains négatives noires, près du grand puits
Crédit photo : Luc Vanrell

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Ci-dessous : Établissement des fiches descriptives. Jean Clottes et Jean Courtin
Crédit photo : Luc Vanrell

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Ci-dessous : Nombreuses stalagmites volontairement cassées dans la zone du petit puits
Crédit photo : Jean Clottes

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décembre 8th, 2016

Posted In: Culture

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