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Pollution aux métaux lourds : Boue rouge dans les calanques

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Le parc national des Calanques entre Cassis et Marseille est utilisé depuis cinquante ans comme décharge par Alteo, qui exploite la bauxite pour produire de l’alumine. En décembre 2015, l’entreprise a obtenu du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur le droit de continuer à déverser ses déchets industriels pendant encore six ans.

Alteo, premier producteur mondial d’alumine avec plus de 1 000 tonnes exportées chaque jour, est contrôlé par le fonds d’investissement américain HIG Capital. Depuis près de cinquante ans, sur le site de traitement de bauxite de Gardanne, cette entreprise bénéficie d’un droit d’expédier des résidus en mer par 200 m de fond et à 7 km au large de Marseille et Cassis. Aujourd’hui ce sont au moins 20 millions de tonnes de boues rouges qui tapissent ainsi les fonds marins sur 2 400 km² [1].

Normes légales largement dépassées

L’autorisation reconduite en 1996 stipulait que l’industriel avait jusqu’au 31 décembre 2015 pour cesser d’expédier ses déchets en mer. Pour y parvenir, Alteo s’est doté en 2007 de trois filtres-presses, pour moitié subventionnés par l’Agence de l’eau. Les boues rouges déshydratées extraites des boues rouges sont destinées à être utilisées comme matériau de remblai [2] . Malgré cela, l’usine continue de déverser des effluents liquides chargés en métaux divers, arsenic, chrome, plomb, titane, mercure, aluminium… Bien entendu les concentrations en polluants des effluents dépassent très largement les normes légales. Selon les données du ministère de ­l’Écologie, sont encore rejetées en mer chaque jour 6 tonnes d’aluminium (au lieu de 64 tonnes précédemment), 83 kg de fer (contre 270 tonnes), 11 kg d’arsenic (contre 42 kg), 20 mg de mercure (contre 80 g). Et, au-delà de la pollution marine, l’usine de Gardanne pollue aussi son environnement proche par les fuites des bassins de rétention et les poussières dégagées, et pose ainsi aux riverains des problèmes sanitaires importants.

En 2015, l’industriel a demandé deux nouvelles autorisations. L’une pour continuer d’occuper le domaine public maritime jusqu’au 31 décembre 2045 avec sa vieille canalisation ; l’autre est une dérogation indispensable pour continuer à déverser dans l’environnement marin les effluents liquides comme il le fait depuis 2007.

Une enquête publique a donc été ouverte. Mais ni les remarques des experts, ni l’intense mobilisation pendant l’enquête publique riche de plus de 2 300 contributions, ni le refus de plusieurs municipalités – dont celle de Cassis où débouche la canalisation –, ni l’opposition de la ministre de l’Écologie n’ont dissuadé les trois commissaires de l’enquête publique. Ils ont rendu le 22 octobre un avis unanimement favorable aux demandes d’Alteo : « À l’heure où l’opinion française redoute les délocalisations », il est impératif de « sauvegarder plusieurs centaines d’emplois ». Un article du Monde diplomatique dénombre « quatre cents emplois directs et plus d’un millier en comptant la sous-traitance ». Dans la foulée et malgré la violation manifeste de la Convention de Barcelone pour la protection de la mer Méditerranée ratifiée par la France, le préfet de région, exécutant les directives de Manuel Valls, autorisait pour six ans la poursuite de ces rejets en mer.

En mars 2016, les inspecteurs de l’environnement ont effectué une visite surprise à Gardanne. Ils ont détecté encore trop de matières en suspension, des dépassements des plafonds autorisés de mercure, de zinc et d’antimoine, un pH trop élevé, ainsi qu’une « demande biologique en oxygène » non conforme. De plus, le 9 mars, une fuite pendant le processus de fabrication a entraîné la formation d’un nuage contenant de la soude caustique. L’incident s’est traduit par des dépôts blanchâtres bien visibles sur une quinzaine d’hectares autour de l’usine [3].

Cette situation appelle plusieurs types de commentaires. D’abord, signalons une fois encore l’attitude permanente des gouvernements, gauche et droite confondues, dont les décisions sont et seront calibrées pour répondre aux intérêts à court terme des capitalistes. Ensuite, techniquement, une unité industrielle de production d’alumine pourrait être infiniment moins polluante. Comme l’affirme le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières), il existe des solutions pour filtrer davantage les eaux résiduelles dans le cadre de ce procédé d’extraction utilisé à l’usine de Gardanne depuis 1894 et basé sur la dissolution de l’alumine provenant de la bauxite par de la soude.

La fausse alternative de l’emploi et de la nature

Mais surtout il existe au moins un autre procédé d’extraction, le procédé dit Orbite, breveté par la compagnie canadienne Orbite Aluminae qui ne produit pas de boue rouge. Au regard de cela, l’opposition entre la défense des emplois et celle de la nature paraît artificielle. Ce qui se joue à Gardanne aujourd’hui a en réalité peu à voir avec la défense de l’emploi. Il s’agit essentiellement de sauvegarder les dividendes à court terme des actionnaires d’une multinationale qui refuse d’effectuer les investissements nécessaires à une production non polluante d’alumine.

Enfin nous entendons mettre en évidence que cette opposition entre défense de l’emploi et de la nature est fondamentale pour le capitalisme car il permet de diviser en profondeur le mouvement social. Trop souvent mouvement syndical et organisations écologistes se combattent sous l’œil goguenard des capitalistes. Même si aujourd’hui la conscience des dégâts causés par le productivisme progresse, même si dans un grand nombre d’entreprises des salarié-e-s se posent des questions sur les effets de leur travail sur l’environnement, c’est pour tomber dans un profond sentiment d’impuissance.

Aussi nous devons mener un combat idéologique pour convaincre que cette opposition emploi contre écologie est profondément artificielle. Ce combat est aussi à mener dans les associations et dans les syndicats où nous militons : à chaque fois que cette question sera posée nous chercherons à tisser des liens entre celles et ceux qui luttent pour l’emploi et celles et ceux qui combattent les pollutions industrielles pour que se mette en place une stratégie commune capable de s’attaquer aux deux aspects du problème. À Gardanne, la défense d’un emploi pérenne passe par la nécessité d’imposer des investissements importants pour supprimer toute pollution de l’environnement. En dehors de cette perspective, non seulement les délocalisations s’opéreront, mais en plus il est probable que dans les pays d’accueil une nouvelle usine polluante soit construite et continue, ailleurs, à détruire la vie !

Jacques Dubart (AL Nantes)

[1] Le Monde du 30 janvier 2016.

[2] Utiliser comme matériau de remblai une matière contenant de grandes quantités de métaux lourds lessivables est susceptible d’entraîner de nouvelles pollutions

[3] Le Monde du 06 juillet 2016.

 

http://alternativelibertaire.org/?Pollution-aux-metaux-lourds-Boue

novembre 22nd, 2016

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Aux lendemains de l’incendie qui est survenu dans les Calanques le 5 septembre entre Luminy et le col de la Gineste, j’ai eu l’occasion de discuter avec des personnes qui connaissent parfaitement les conséquences d’un incendie dans un site naturel avec des sols pollués. Avec l’autorisation de l’auteur, voici un texte de Jean Gonella de l’association Fare-Sud ( http://www.faresud.fr/spip.php?auteur2 )

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Il convient de ne pas oublier que les incendies de forêts, provoquent force dégâts écologiques dont certains sont des pollutions persistantes des sols dangereuses pour la santé publique, cela fut catastrophiquement démontré lors des grands feux des forêt indonésiennes, ce qui n’est pas un cadeau s’ajoutant aux sols très pollués industriellement aux abords des Calanques(Legré-Mante, entre autre).

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  1. Pollutions aériennes avec retombées au sol.

Les satellites montrent les panaches d’aérosols denses qui causent une pollution ponctuelle ou chronique jusqu’à plusieurs centaines de km de leur origine. Les analyses détectent dans les fumées des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des composés organiques volatils (COV), des goudrons et des suies cancérigènes, d’autant plus que le bois était humide. On a suspecté1 qu’à proximité des mers ou après les largages d’eau de mer par des avions bombardiers d’eau, le chlore issus du sel contribuait à produire des organochlorés toxiques tels que dioxines et furanes ; or dans le cas des feux de forêt des Calanques les deux facteurs de production d’organochlorés toxiques s’ajoutent et se renforcent.

L’INERIS analysa, en 2003, les fumées de quelques feux correspondant à une surface débroussaillée de 4 m², dans une chambre de combustion de 80 m³ surmontée d’une hotte d’extraction des fumées∞ : les émission de dioxines et furanes étaient en moyenne de 10,5 ng∞ I.TEQ/kg de biomasse brûlée (de 1,0 à 25,9). Dans cette expérience, ce n’est pas la combustion des végétaux collectés près de la mer, mais celle de ceux qui étaient les plus humides qui a produit le plus de polluants (CO, NOx et COVT) et d’organochlorés. Par contre les végétaux très secs s’ils émettaient bien moins de CO et COVT en brûlant, produisaient beaucoup plus de NOx. Mais il ne s’agissait pas d’arbres vivants, et les températures n’ont pas atteint celles des grands incendies2.

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  1. Métaux lourds.

La combustion d’arbres ayant généralement bioaccumulé des métaux lourds est source de pollutions métalliques. Par exemple, le plomb répandu en forêt à la suite de son usage dans les munitions de chasse ainsi que le mercure sont particulièrement volatils à des températures déjà très inférieures à celles atteintes par les feux de forêts.

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  1. Pollution photochimique.

Les gaz émis interagissent avec les rayons solaires ultraviolets pour produire une pollution photochimique, par création d’ozone, entre autre.

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  1. Gaz à effet de serre.

Les incendies de forêt rejettent de grandes quantité de gaz carbonique. De plus, l’incendie favorise le lessivage de la matière organique des sols qui étaient une bonne partie du puits de carbone forestier. Des incendies fréquents peuvent sélectionner certaines espèces résistantes au feu et permettre une moindre restauration des sols. En 2007, ces polluants, hormis parfois le CO2 en tant que gaz à effet de serre, ne sont toujours pas comptabilisés dans les cadastres et inventaires nationaux. Pourtant, rien qu’en métropole française, de 1980 à 2000, ce sont 5 218 feux de forêt par an et 30 738 ha brûlés par an2 qui ont été sources d’une pollution de l’air non mesurée ni évaluée.

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  1. Résilience.

Les feux de forêt tuent de nombreux animaux non-volants ou incapables de fuir et ils affectent la capacité de résilience écologique de l’écosystème3

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  1. Plusieurs études ont détecté des teneurs élevées (20 pg/m3) de dioxines et furanes en aval de feux de forêts Source : Clement and Tashiro, Forest fires as a source of PCDD and PCDF, 11th International Symposium on Chlorinated dioxins and related compounds, 1991.
  2. Ineris & Ademe, Rapport sur les facteurs d’émission de polluants de feux simulés de forêt et de décharge, novembre 2004.
  3. Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, (IRSTEA),Étude scientifique sur les conséquences des incendies sur la forêt méditerranéenne.

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novembre 14th, 2016

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(suite…)

septembre 17th, 2016

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Rejet de boues rouges dans les Calanques : de quoi parle-t-on ?

Des boues rouges sont stockées, en octobre 2010, sur le site de l'usine de Gardanne, où une technologie de filtrage a été partiellement mise en place à partir de 2007.

VIDÉOS – De 1967 à 2015, les résidus polluants issus de l’extraction de l’alumine dans le sud-est de la France ont été rejetés dans la mer Méditerranée, au large de Cassis. La nouvelle technique adoptée en 2016 n’a pas mis fin au bras de fer opposant arguments écologiques et économiques.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/09/05/01008-20160905ARTFIG00178-rejet-de-boues-rouges-dans-les-calanques-de-quoi-parle-t-on.php

• À quoi correspondent les «boues rouges»?

On parle de boue rouge pour désigner les résidus issus de l’extraction d’alumine -qui permet notamment d’obtenir de l’aluminium- à partir de la bauxite. Cette roche sédimentaire est présente dans le sud-est de la France, où elle a été découverte.

Les boues rouges correspondent aux déchets insolubles qui se séparent de l’alumine et de la soude au cours de l’extraction. Leur couleur rouge est liée à l’oxyde de fer. La substance, qui se transforme en une poussière rouge après évaporation des fluides, contient de nombreux métaux lourds (arsenic, fer, mercure, silice, titane…). Elle tapisse la ville de Gardanne, où se trouve l’usine. Dans le cas du procédé Bayer, encore majoritairement utilisé à travers la planète, la production d’une tonne d’alumine engendre environ deux tonnes de boues rouges.

• Ces boues rouges sont-elles actuellement rejetées dans la Méditerranée?

Jusqu’à fin 2015, la société Alteo, qui gère l’usine de Gardanne, avait l’autorisation de rejeter ces résidus dans la mer. La boue était pour cela diluée puis acheminée au large de Cassis par des canalisations. La quantité de boues ainsi déversée est estimée à 20 millions de tonnes depuis cinquante ans. Mais l’autorisation réitérée en 2014 prévoyait une interdiction de ce rejet direct au 1er janvier 2016.

Le site industriel de Gardanne, ici en novembre 2011.

En prévision de cette échéance, Alteo a investi 30 millions d’euros dans un système de filtrage. Depuis le 31 décembre 2015, la partie solide rouge et la partie liquide des rejets sont ainsi séparées à l’aide d’un filtre-presse. Seul le liquide transparent est désormais rejeté. Les résidus solides de bauxite (qui prennent le nom commercial de Bauxaline) sont en partie recyclés.

Prenant en compte cette technique, la préfecture a octroyé une dérogation à la firme, l’autorisant à rejeter ces liquides pendant six ans. À l’issue de cette période, aucun polluant ne devrait plus être rejeté en mer. Mais de nombreuses associations locales se sont élevées contre cette dérogation, estimant que le problème de pollution des eaux existe toujours et pointant un manque de volonté d’Alteo.

» LIRE AUSSI: Autorisation de rejets toxiques au large des Calanques de Cassis

• La pollution liée à ces rejets est-elle avérée?

Une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) du 21 décembre 2015, réalisée à la demande du ministère de l’Environnement, a confirmé l’impact des rejets sur les poissons à proximité du littoral entre Marseille et La Ciotat. «Des signaux relatifs à une contamination plus importante dans la zone de pêche sous influence du rejet de l’usine d’Alteo ont été mis en évidence», conclut l’Anses. L’agence a mené ses propres analyses, celles menées par Alteo n’ayant pas permis de déterminer précisément si les rejets avaient un impact.

Six mois après la mise en place du filtrage, la préfecture des Bouches-du-Rhône a constaté plusieurs rejets excessifs et a mis en demeure l’industriel de se conformer aux normes fixées fin 2015.

• Pourquoi avoir octroyé cette autorisation?

Les préoccupations écologiques se frottent à un argument économique: l’interdiction du rejet aurait entraîné la fin de l’activité de l’usine de Gardanne, qui emploie 400 salariés et 250 sous-traitants. La préfecture des Bouches-du-Rhône s’est par ailleurs appuyée sur l’avis favorable du Conseil supérieur de prévention des risques technologiques (CSPRT). Le préfet avait au préalable annoncé qu’il appliquerait «la position du gouvernement» et qu’il prendrait donc «un arrêté qui fera en sorte que cette usine puisse poursuivre son activité».

• Pourquoi le sujet a-t-il refait surface cet été?

Le sujet a été relancé par la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial dans le parc national des calanques. Plusieurs intervenants, notamment un pêcheur, y pointaient les traces visibles de rejets dans les eaux méditerranéennes, en particulier des traces rouges qui restent sur les mains lorsqu’on les plonge dans l’eau à certains endroits.

À la suite de ce reportage, la fédération PS des Bouches-du-Rhône a dénoncé «le scandale sanitaire et environnemental qui se joue tous les jours au sein de la deuxième ville de France» et a rappelé avoir voté «contre l’avis favorable donné par la Mairie de Marseille à la poursuite de ces pollutions». Le communiqué interpellait directement la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal. Fin 2015, cette dernière avait publiquement désapprouvée l’autorisation permettant ces rejets, affirmant qu’elle avait été prise sur un «ordre venu du premier ministre», Manuel Valls, «au préfet».

» LIRE AUSSI: Querelle entre Royal et Valls sur le rejet des boues rouges dans les Calanques

Un mois après Envoyé spécial, l’émission Thalassa s’est elle aussi intéressée au problème avec un reportage retraçant l’historique de ces rejets. C’est ce nouveau document qui a ravivé l’opposition entre Ségolène Royal et le chef de gouvernement. La ministre y déclare en effet que la décision d’autoriser les rejets était «inadmissible».

 

septembre 7th, 2016

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La vie au soleil numéro 22 – mars avril 73

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juin 22nd, 2016

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Publication : COMMODESK MARDI 12 FÉVRIER 2013

« Orbite » va-t-il révolutionner le secteur de l’aluminium ?

http://www.lesaffaires.com/bourse/nouvelles-economiques/orbite-s-associe-au-geant-francais-veolia-pour-traiter-les-boues-rouges/553848

Orbite véolia

Orbite s’associe au géant français Veolia pour traiter les boues rouges

Publié le 04/02/2013 à 06:32, mis à jour le 04/02/2013 à 06:39

Orbite, qui met au point des nouvelles technologies d’extraction et de traitement d’alumine, de terres rares et de boues rouges, fait part d’une autre annonce notable, moins de deux semaines après avoir annoncé qu’elle avait produit une première tonne d’alumine.

Le groupe français de services à l’environnement Veolia s’est allié avec la société montréalaise Orbite Aluminae pour traiter et recycler les boues rouges, un déchet de la production d’aluminium qui avait provoqué une catastrophe environnementale en Hongrie en 2010.

L’accord mondial de collaboration signé entre les deux entreprises prévoit la construction de la première usine de traitement des boues rouges toxiques utilisant le procédé d’Orbite, a indiqué Veolia dans un communiqué.

Un porte-parole du groupe a précisé que le lieu de cette future usine devait être décidé au cours de l’année, les marchés les plus importants étant en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et en Australie.

Selon Veolia, trois milliards de tonnes de boues rouges non traitées sont actuellement stockées dans le monde, avec une production annuelle de ce déchet évaluée à 100 millions de tonnes par an. La façon dont elles sont stockées augmente en outre les risques de déversement accidentel.

Le groupe ne précise pas le montant du marché qu’il espère de cette nouvelle activité.

Le problème des boues rouges s’était matérialisé de façon dramatique le 4 octobre 2010, lorsque 1,1 million de mètres cubes de boue rouge toxique se sont déversés sur un territoire d’une dizaine de kilomètres carrés après la rupture d’un réservoir fissuré de l’usine de bauxite-aluminium d’Ajka, à 160 km à l’ouest de Budapest. Dix personnes avaient trouvé la mort.

La boue toxique, très alcaline, a pollué les eaux des alentours, jusqu’au Danube, l’un des plus grands fleuves européens, provoquant le plus grave accident industriel et écologique de l’histoire du pays.

mai 25th, 2016

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Altéo le grand gaspillage

Altéo le grand gaspillage2

mai 25th, 2016

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EENF - 1 EENF - 2 EENF - 3 EENF - 4 EENF - 5 EENF - 6 EENF - 7 EENF - 8

mai 24th, 2016

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La Provence du 22 avril 2016 répercute (en la soutenant) la montée au créneau de madame le Maire de Cassis contre la vidéo tournée sur l’exutoire municipal de l’anse de Corton, et contre la communication sur les rejets d’Alteo.

Concernant la pollution municipale  à Corton, on peut, me semble-t-il, faire davantage confiance à notre ami Gérard RIVOIRE qui, lui, la constate.


Danielle Milon s’insurge contre une vidéo qui a fait le buzz sur internet et reprise par de nombreux médias nationaux à la veille de la saison touristique, montrant des rejets troubles en mer.

C’est dans l’anse de Corton que se situe l’émissaire de rejet de la station d’épuration de Cassis, et où les images de la vidéo amateur ont été tournées par la petite association d’apnéistes Nox Diving. dr

Propos choc, musique inquiétante, mise en scène à suspense… Une vidéo a circulé ces derniers jours sur internet tirant à boulets rouges sur la Ville de Cassis et sa gestion des eaux usées. Elle est l’oeuvre des membres d’une petite association d’apnéistes, Nox Diving, qui prétend ici « lever le voile sur un rejet suspect dans le Parc National des Calanques ».

Ce rejet n’est autre que l’exutoire de la station d’épuration de la ville de Cassis se déversant dans l’anse de Corton depuis… 1973. Malgré des incohérences flagrantes et une volonté affichée de faire dans le sensationnel, la vidéo a fait le buzz sur la toile, et a même été reprise dans la foulée par plusieurs médias nationaux.

Face à cette salve qui vient ternir l’image de sa commune à la veille de la saison touristique, Danielle Milon, maire de Cassis, ne s’est pas contentée d’un tweet assassin à l’endroit des auteurs de ladite vidéo. Elle a organisé hier une conférence de presse en mairie, à l’issue d’une réunion « qui devait se tenir de longue date » a-t-elle précisé, avec l’ensemble des acteurs qui oeuvrent tout au long de l’année à la qualité des eaux de baignade à Cassis.

« J’ai fait réaliser par un drone un petit film au-dessus du Corton, et de l’émissaire de la station d’épuration, pour bien montrer qu’il n’en sort pas une eau noirâtre ou verdâtre qui sent mauvais même à travers le masque du plongeur », souligne-t-elle, brandissant un bocal, rempli d’une eau en effet transparente, « prélevée, dit-elle, le 13 avril dernier à la sortie de cet émissaire ».

Une qualité de l’eau surveillée

Jean-Yves Guivarch, directeur du service Eau, assainissement et pluvial de l’ex-communauté urbaine de Marseille (maître d’ouvrage de la station d’épuration), dont fait partie Cassis, apporte quant à lui l’éclairage technique : « Les stations d’épuration du littoral ont toutes été mises aux normes par MPM entre 2003 et 2008, moyennant un investissement de 220 M€, explique-t-il, et elles utilisent aujourd’hui un procédé biologique. De plus, la station de Cassis est surdimensionnée, même l’été avec l’afflux touristique, et les bilans de mesure sur trois ans indiquent que 97 à 98 % de pollution sont retenus par la station, qui produit 200 tonnes de boues par an. C’est une station très performante qui va bien au-delà des normes imposées. »

Comment expliquer, dans ce cas, les images de la vidéo, qui montrent une eau très troublée avec de nombreux éléments en suspension ? « La seule explication technique, répond Jean-Yves Guivarch, c’est que le plongeur s’est introduit dans la canalisation par un des trous de répartition – ce qui est d’ailleurs formellement interdit, Ndlr -, et a remis en suspension des éléments qui se développent dans l’émissaire par ses mouvements. » Car les techniciens sont formels : même en cas d’incident sur la station – ce qui est exclu car le délégataire est tenu d’en avertir le maire dans les deux heures -, l’eau serait plus trouble, plus foncée, mais il est impossible que des rejets solides s’échappent de l’émissaire.

« D’ailleurs, conclut Danielle Milon, poissons et posidonies sont nombreux au Corton. Depuis 2008, nous faisons un travail énorme, toute l’année, pour la qualité des eaux de baignade – analyses de l’ARS, prélèvement d’auto-surveillance par un prestataire, surveillance de l’association Surfrider Foundation – et nous avons d’ailleurs reconquis le pavillon bleu depuis 2009. Cassis est un territoire exceptionnel, et nous nous employons à le préserver. »

 

Rejets d’Altéo : la double peine

L’importante communication, depuis quelques mois, autour de la question des rejets en mer de l’usine Alteo à Cassis entame elle aussi l’image de la petite station balnéaire, qui a eu, par exemple, à déplorer ces dernières semaines des annulations de classes de mer, au motif que les organisateurs craignaient pour la santé de ces enfants qui devaient venir de l’autre bout de la France profiter des eaux bleues et du soleil… Colère, là encore, du premier magistrat : « Je me bats depuis 50 ans contre les rejets de boues rouges, raconte Danielle Milon, et on pointe Cassis du doigt parce qu’en tant que membre du conseil d’administration du Parc des Calanques, je n’ai pas signé la pétition lancée par certains qui récupèrent aujourd’hui le travail des autres ! Je sais aussi qu’il y a 900 emplois à la clef, et que je n’aimerais pas être à la place du décideur. Aujourd’hui, la vérité, c’est que grâce au Parc on a éliminé 99,5 % de la pollution. Bien sûr ça ne suffit pas, mais c’est déjà ça. »

Frédérique Gros

 

mai 9th, 2016

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La calanquaise n°5 – printemps été 2015

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avril 21st, 2016

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